QASBB21


Secouée par la violence de l'altercation et par les propos démesurés de son patron, elle se leva résignée pour quitter la pièce. Mais la main sur la porte elle se retourna soudain.
- Cette nuit dit-elle avec hargne, votre seule angoisse, ce ne sera pas vos pieds glacés, ni votre c½ur qui cogne dans votre poitrine à vous empêcher de dormir, ni vos yeux secs. Non, votre seule angoisse, se sera de savoir si je vais répondre au téléphone et accepter vos excuses. Combien de temps vous faudra-t-il pour ravaler votre fierté et m'appelez ?
- Dehors ! hurla Lewis en lui lançant son dossier a la figure
Le dossier rata de peu la jeune femme qui le ramassa avant de sortir. Tous les regards se tournèrent vers elle alors qu'elle sortait dans le couloir. L'étage tout entier avait sans doute entendu la colère de Lewis, les employés de l'étage s'étaient rassemblés en petit groupe, discutant à voix basse ce qu'ils avaient entendu de l'altercation. Comme si de rien n'était, ignorant les regards posés sur elle, elle prit sa veste dans son bureau et se dirigea vers les ascenseurs. Elle s'approcha de la jeune réceptionniste dont le bureau était juste devant les portes.
- Lise, dit-elle à mi-voix, pour déjeuner, tu lui fais livrer à 11h30 une salade de poulet, un hot dog et une pomme
- Mais Sandrine, répondit la jeune femme regardant Sandrine d'un air désolé, il vient de te virer
-Tu appelleras le traiteur, continua Sandrine ignorant la remarque, et tu lui feras livrer le dîner du soir. Saumon fumé, gigot froid, salade de fruit.
- Après trois ans, souffla Lise, il te met à la porte et tu ne penses qu'a...
- Tais-toi, coupa Sandrine sèchement en lui tendant le dossier que Lewis lui avait jeté à la tête. Prend ce dossier et amène le au grand patron. Dis-lui qu'il doit être demain a 10H dans le bureau de Lewis.
Lise était maintenant désespérée, dévisageant Sandrine comme si elle était folle
- Tu es virée, Sandrine.
Celle ci se pencha sur le bureau et murmura d'une voix rageuse
- Tu fais exactement ce que je t'ai dit ou je raconte à toute la ville que tu m'as aidé à piéger Lewis. Tu viendras pointer au chômage avec moi. Mais toi, tu ne sors pas d'Harvard
- Je ferais ce que tu veux Sandrine, répondit la réceptionniste, matée. Salade poulet et hot dog a midi, saumon fumée et gigot le soir. Le dossier au patron et réunion demain matin.
- Et pas un mot a quiconque.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et deux agents de la sécurité sortirent dans le couloir. Sandrine, sans demander son reste passa entre les deux hommes et rentra dans la cabine.


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# Posted on Wednesday, 07 October 2009 at 4:07 PM

Edited on Thursday, 08 October 2009 at 2:39 PM

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Elle n'eut pas à attendre longtemps. Moins d'une minute après, Lewis l'appelait au téléphone et lui ordonnait d'une voix glaciale de le rejoindre dans son bureau.
- C'est quoi ce bordel commença-t-il en montrant le dossier qui était sur son bureau
- C'est votre présentation, Lewis, celle que vous devez faire devant...
- Vous vous foutez de moi ! Tonna-t-il en tapant du poing sur la table, ce torchon est entièrement consacré aux effets secondaires de la molécule de Floc !
- Vous devez le lire pour comprendre, Lewis. C'est...
- Taisez-vous ! Fit Lewis, hors de lui, incapable de se maîtriser. Il suffit de lire le sommaire "mécanisme d'action sur les articulations" Ce médicament soigne tout sauf les articulations ! Et ce chapitre "analyse des quantités contenues dans l'alimentation" C'est du délire ! Vous pensez qu'on en met dans la moutarde peut être ?
- Mais...
- Et ça 'conséquences neurologiques sur le long terme : les effets sont-ils permanents?' Nos médicaments rendent fous ? C'est ça ?
- Lewis, calmez-vous, et...
- Je me calme si je veux ! Hurla Lewis. Et vous, vous foutez le camp. Dehors ! Vous m'avez envoyé à l'autre bout de la terre pour me piéger, hein, c'est ça ? Pour me faire un coup pourri, parce que quoi ? Je n'ai jamais voulu coucher avec vous ? Ou je ne sais quelle raison idiote ? Vous avez trois minutes pour filer avant que j'appelle la sécurité.
Sandrine ne savait plus comment reprendre la situation en main. Ce n'était pas comme cela que les choses auraient du se passer. Lewis aurait du lire son document, et comprendre. Mais comment faire pour qu'il comprenne? Elle voulut ouvrir la bouche pour essayer de le raisonner mais déjà Lewis avait décroché le téléphone.
- Sécurité, disait-il, envoyez-moi deux hommes pour raccompagner Mlle Delpont à la porte.


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# Posted on Tuesday, 06 October 2009 at 3:33 PM

Edited on Wednesday, 07 October 2009 at 4:09 PM

QASBB19



Lewis parti, Sandrine se mit au travail avec son énergie coutumière. Elle avait un mois pour préparer le dossier qu'il présenterait au conseil d'administration, le plan directeur qui définirait les domaines de recherches qui seraient privilégier dans les 5 ans à venir. Bien sur une grande partie du travail avait déjà été faite, mais il n'en fallait pas moins consolider les différents dossiers, faire la synthèse des demandes des différentes directions.
Et puis surtout, pendant qu'elle faisait avec ostentation ce qu'on attendait d'elle, il y avait cet autre dossier, celui qu'elle préparait depuis des années, le seul qui comptait vraiment.
Lewis lui envoyait des cartes postales régulièrement et, au fur et a mesure que le temps passait, le ton de ces courriers se faisait plus jovial, plus enjoué. Le repos, la vie saine, la tranquillité, tout contribuait à ce qu'il retrouve son dynamisme, son humour et sa joie de vivre. Ainsi, quand au bout d'un mois, il poussa la porte de son bureau, Sandrine ne fut pas surprise de voir revenir un homme complètement différent de celui qui c'était écroulé devant une salle remplie d'actionnaires.
Bronzé, athlétique, les yeux encore remplis de l'azur des plages du pacifique, son surmenage n'était plus qu'un lointain souvenir.
- Lewis, dit-elle, en se levant pour l'embrasser, vous êtes beau comme un ange
- Je ne vous remercierai jamais assez de ce que vous nous avez organisé ! C'était fantastique !
- Et votre santé ?
- En pleine forme ! Bon, encore quelques douleurs de temps en temps aux épaules mais à part cela, je suis en pleine forme.
Ils discutèrent quelques minutes puis Lewis retourna dans son bureau : il n'y avait pas de temps à perdre pour reprendre le travail. Quand il sortit de son bureau, Sandrine resta immobile, figée, un sourire crispé aux lèvres. Après trois ans de travail acharné, trois ans de tromperies, de fourberies et de mensonges, l'heure de vérité allait enfin sonner.


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# Posted on Monday, 05 October 2009 at 4:24 PM

Edited on Tuesday, 06 October 2009 at 3:35 PM

QASBB18



- Mais... commença Lewis
- C'est un ordre. Coupa tranquillement Sandrine, De votre médecin et du directeur.
- Vous... vous avez tout organisé, si rapidement ?
- Et bien d'autres choses. Cours de plongée, cours de tennis, et plein d'autres surprises. Vous profiterez de la cuisine locale : il y a une petite ferme a coté qui fournit l'hôtel. Il est 10H, votre avion décolle à 13H. Vous avez juste le temps de vous préparer : le taxi vient vous chercher dans une heure
- Mais...
- Vous retrouverez votre femme et vos enfants à l'aéroport
Avant qu'il n'ait pu répondre, elle était déjà sur le pas de la porte
- Bonnes vacances, Lewis, lança-t-elle en sortant.
En se retournant, elle sursauta en se retrouvant nez à nez avec Aston Cardiff qui venait prendre à son tour des nouvelles de Lewis
- Oups, dit elle, vous m'avez fait peur, Mr le directeur
- J'ai tout entendu, répondit il. Vous avez du y passer la nuit !
- C'est d'un délicat, d'écouter aux portes ! répondit sèchement Sandrine
- Cet imbécile ne se demande même pas pourquoi vous faites tous cela pour lui. Mais a moi, il faudra bien finir par le dire.
- Contrairement à vous, répondit la jeune femme avec une rage contenue, la santé des gens ne se résume pas a une rangée de chiffre dans un compte d'exploitation ! Et quand on peut aider des gens malades, des gens qui souffrent, on se doit de le faire.
Furieuse contre elle-même de s'être ainsi emporter et d'avoir dévoilé ses sentiments, elle tourna les talons et parti précipitamment sans attendre de réponse
- Si c'est ce que vous pensez, murmura Arston Cardiff, alors vous n'avez rien à faire chez nous.



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# Posted on Thursday, 01 October 2009 at 3:24 PM

Edited on Monday, 05 October 2009 at 4:26 PM

QASBB17




Sandrine se rendit à l'hôpital le lendemain matin. Le médecin sortait de la chambre de Lewis et celui ci confirma son diagnostique. Fatigue, trouble du sommeil, angoisse, palpitation, troubles de la mémoire, douleurs articulaires, ces symptômes n'avaient qu'une seule et même cause : le surmenage. L'organisme de Lewis n'avait besoin que d'une chose : de repos, pour se reconstruire, se reconstituer.
- Ne lisez pas ces âneries dit-elle au malade en rentrant dans la pièce. Il était en train de lire les gros titres des journaux qui s'en donnaient à c½ur joie 'noyé sous le travail, le directeur des ventes boit la tasse en public' 'la santé des employés de la PPU inversement proportionnelle aux ventes' 'La maladie n'épargne pas les vendeurs de santé'.
- Je suis une vedette soupira Lewis
- Comment vous sentez-vous ?
- Epuisé, mal partout. Difficile à croire que ce n'est que du surmenage ! je suppose qu'ils vont me garder ici des semaines pour me faire plein d'autres analyses
- Vous n'avez rien Lewis, vos examens sont parfaits. Mais vous avez quand même eu un malaise
- J'ai fait semblant murmura-t-il
- Quoi ? fit Sandrine, faussement surprise
- Je...Je ne trouvais plus mes mots, je n'arrivais plus à, à me concentrer, je ne savais plus ce que je devais dire, comment le dire. Je me suis écroulé : c'était ma seule solution.
Il resta un instant silencieux
- Je pense que j'ai une tumeur au cerveau.
Elle éclata de rire
- Avec tous les examens que vous avez eus, cela se serait vu. Alors écoutez-moi bien, maintenant. Arston vous mute à la recherche. Vous y serez plus au calme.
- J'ai eu peur qu'il se débarrasse de moi !
- Il n'aurait pas osé, mentit Sandrine. Dans 5 semaines vous présenterez le plan à 5 ans qu'a préparé votre prédécesseur qui part en retraite. D'ici la...
Elle sortit de sa poche une pochette épaisse et la tendit à son patron.
- Dans cette pochette, il y a des billets pour les îles Samoa. Je vous ai réservé un hôtel la bas pour vous et votre famille. Un précepteur vous accompagnera pour assurer l'école a vos enfants. Un mois de plage, de soleil, de baignade dans les eaux chaudes du pacifique. Pas de téléphone, pas d'Internet, pas d'ordinateur.


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# Posted on Wednesday, 30 September 2009 at 4:14 PM

Edited on Thursday, 01 October 2009 at 3:26 PM