Secouée par la violence de l'altercation et par les propos démesurés de son patron, elle se leva résignée pour quitter la pièce. Mais la main sur la porte elle se retourna soudain.
- Cette nuit dit-elle avec hargne, votre seule angoisse, ce ne sera pas vos pieds glacés, ni votre c½ur qui cogne dans votre poitrine à vous empêcher de dormir, ni vos yeux secs. Non, votre seule angoisse, se sera de savoir si je vais répondre au téléphone et accepter vos excuses. Combien de temps vous faudra-t-il pour ravaler votre fierté et m'appelez ?
- Dehors ! hurla Lewis en lui lançant son dossier a la figure
Le dossier rata de peu la jeune femme qui le ramassa avant de sortir. Tous les regards se tournèrent vers elle alors qu'elle sortait dans le couloir. L'étage tout entier avait sans doute entendu la colère de Lewis, les employés de l'étage s'étaient rassemblés en petit groupe, discutant à voix basse ce qu'ils avaient entendu de l'altercation. Comme si de rien n'était, ignorant les regards posés sur elle, elle prit sa veste dans son bureau et se dirigea vers les ascenseurs. Elle s'approcha de la jeune réceptionniste dont le bureau était juste devant les portes.
- Lise, dit-elle à mi-voix, pour déjeuner, tu lui fais livrer à 11h30 une salade de poulet, un hot dog et une pomme
- Mais Sandrine, répondit la jeune femme regardant Sandrine d'un air désolé, il vient de te virer
-Tu appelleras le traiteur, continua Sandrine ignorant la remarque, et tu lui feras livrer le dîner du soir. Saumon fumé, gigot froid, salade de fruit.
- Après trois ans, souffla Lise, il te met à la porte et tu ne penses qu'a...
- Tais-toi, coupa Sandrine sèchement en lui tendant le dossier que Lewis lui avait jeté à la tête. Prend ce dossier et amène le au grand patron. Dis-lui qu'il doit être demain a 10H dans le bureau de Lewis.
Lise était maintenant désespérée, dévisageant Sandrine comme si elle était folle
- Tu es virée, Sandrine.
Celle ci se pencha sur le bureau et murmura d'une voix rageuse
- Tu fais exactement ce que je t'ai dit ou je raconte à toute la ville que tu m'as aidé à piéger Lewis. Tu viendras pointer au chômage avec moi. Mais toi, tu ne sors pas d'Harvard
- Je ferais ce que tu veux Sandrine, répondit la réceptionniste, matée. Salade poulet et hot dog a midi, saumon fumée et gigot le soir. Le dossier au patron et réunion demain matin.
- Et pas un mot a quiconque.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et deux agents de la sécurité sortirent dans le couloir. Sandrine, sans demander son reste passa entre les deux hommes et rentra dans la cabine.
La suite