QASBB26


- Enervé ! Tonna-t-il, on le serait à moins. Je suis sorti de mon bureau a dix heures moins cinq pour venir ici et en chemin j'ai oublié ou j'allais. Vous m'entendez ? Ou-bli-é !
- Ça peut arriver fit Lewis qui ne comprenait ni la colère de son patron ni ce qu'il faisait là.
- Vous n'avez rien compris, vous ! Vous n'avez pas lu le dossier recherche et développement de cette petite salope ?
- C'est un torchon ! Répondit Lewis. Ça ne parle que de la molécule de Floc. Quel rapport ?
- Le rapport ? Tout est dans le dossier. Cette garce nous a empoisonnés. Tendinites, douleurs articulaires, trous de mémoires, difficulté d'élocution, fatigue...
- Acouphènes, fasciculations, continua Sandrine, sensations de froid aux pieds et aux mains, bouches et yeux secs, troubles cardiaques, troubles du sommeil...
- Ça vous amuse, hein ? Coupa Cardiff, vous nous avez empoisonnés et ça vous amuse ! Mais vous rirez moins quand la police sera là !
- Vous avez appelez la police ? demanda Sandrine, atterrée
Cardiff la regardait de haut, un peu essoufflé par sa crise de colère mais satisfait de son effet.
- Ça n'a pas l'air de vous plaire, fit-il, narquois.
- Ce n'était pas dans mes intentions que les choses aillent si loin !
- Quand on joue à l'empoisonneuse, il faut être prête à en supporter les conséquences.
Lewis regardait la discussion entre son assistante et son patron sans intervenir. Mais malgré sa fatigue, il se rendait compte qu'il y avait une contradiction dans ce que disait Cardiff. Sandrine elle, ne disait plus rien. Elle réfléchissait, comme si la venue de la police était un imprévu qu'elle hésitait à retourner à son avantage. Il laissa passer un court silence avant d'intervenir
- Patron, dit-il, si vous pensez qu'elle nous a fait prendre la molécule de Floc à notre insu, ce serait gênant de dire que nous avons été empoisonnés. Surtout si ce ne sont que les effets secondaires que nous ressentons.



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# Posted on Thursday, 15 October 2009 at 3:27 PM

Edited on Monday, 19 October 2009 at 3:38 PM

QASBB25


A 10h passé de quelques minutes, les portes de l'ascenseur du 50éme étage de la majestueuse tour de la PPU s'ouvrirent pour laisser passer Sandrine. Les cheveux encore plus frisés que d'habitude, le maquillage cachant mal les cernes laissés par le manque de sommeil, c'est dans une tenue décontracté qu'elle avait choisit de livrer son dernier combat.
- Merci de ton aide dit-elle en passant devant la réceptionniste
- Tu n'auras pas été virée longtemps. Il m'a dit de te donner cela dés ton arrivée. Ton nouveau contrat de travail.
Elle lui tendit une enveloppe que Sandrine ne prit même pas la peine d'ouvrir. Puis la jeune standardiste pouffa de rire et ajouta
- Il t'attend dans son bureau. A voir sa tête et la tienne, il est clair que la séparation ne vous réussit pas...
- Ne te fais pas des idées, Lise. Tu as vu le grand patron ?
- Il ne sait pas s'il pourra venir.
- Il viendra affirma Sandrine avec assurance
Quand elle rentra dans le bureau de Lewis, celui-ci était assis à son bureau, fixant son écran, le regard vide. Avec son teint pâle, ses yeux cernés et ses épaules basses, on avait du mal à reconnaître l'homme qui, seulement 24 heures auparavant était revenu de vacances, fringant, dynamique et sur de lui.
- J'étais un peu énervé hier, dit-il en introduction, d'un ton fatigué. Je suis désolé.
- Vous avez l'air d'être sortie de votre tombe attaqua la jeune femme
- Vous n'avez pas idée répondit-il. Ou plutôt, si. Vous savez. Vous savez depuis le début.
- Depuis le début, oui. Reconnu Sandrine
- Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
- Je n'en ai pas vraiment eu le temps
- J'étais un peu énervé hier, se répéta-t-il,
Soudain Aston Cardiff entra dans la pièce en trombe, fou de rage.



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# Posted on Wednesday, 14 October 2009 at 3:29 PM

Edited on Thursday, 15 October 2009 at 3:28 PM

Qasbb24


- Les yeux secs, dit Lewis d'une voix suppliante, je n'en avais jamais parlé. Le c½ur, la sensation de froid aux pieds, je vous en avais parlé. Mais pas les yeux secs. Comment saviez vous ? Et comment saviez-vous que cette nuit, je... j'irais mal à nouveau ?
Elle s'assit par terre en tailleur, le téléphone coller à l'oreille, hantée par son cauchemar. Médicaments empoisonnés, nourriture contaminée, comment pourrait-elle jamais soigner ou même simplement nourrir ses enfants, sa famille, sans avoir peur des conséquences ? Elle resta la, de longues secondes, perdue dans ses pensées, envahie par ses angoisses.
- Sandrine, finit par insister Lewis dans le téléphone
- Allez vous faire foutre murmura-t-elle en lui raccrochant au nez.
Elle resta assise quelques minutes avant de se relever pour aller boire un verre d'eau. Il fallait qu'elle se reprenne, qu'elle se réveille complètement. Elle laissa couler longuement l'eau et s'en passa sur le visage et quand le téléphone sonna à nouveau, elle était prête.
- Il vous reprend fit la voix familière de Cathy, l'épouse de Lewis, avec 50% de salaire en plus
Sandrine hocha la tête. Comme s'il s'agissait d'argent !
- Que se passe-t-il fit-elle, connaissant très bien la réponse
- Il allait si bien. Et puis ce soir, il est revenu fatigué, et depuis cela va de plus en plus mal. Il a froid au pied, il se plaint que son c½ur bat trop fort, il a mal aux mains, aux épaules. Et...
- Et ?
- Je..., commença Cathy d'une voix hésitante, je croix qu'il entend des bruits. Et des fois...il cherche ses mots, il bégaye.
Sandrine sentait l'angoisse perler derrière chaque mot de l'épouse de Lewis, effrayée par l'idée que les troubles de son mari pourraient être d'origine neurologique.
- Il pense que vous pouvez l'aider, finit-elle par dire.
- Dites-lui d'être à 10 Heures au bureau demain.
- Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour l'aider ?
- Mettez-lui des chaussettes, répliqua Sandrine, et donnez-lui du chocolat.



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# Posted on Tuesday, 13 October 2009 at 2:59 PM

Edited on Wednesday, 14 October 2009 at 3:30 PM

qasbb23



- Qu'est ce qui est arrivé à Chris demanda sa petite s½ur, à peine surprise, devant le petit tas couleur cendre qu'était devenu son frère.
- Rien de grave, répondit Sandrine d'une voix enjouée en lui montrant l'aérosol qu'elle avait utilisé, ' effets secondaires : sécheresse de la peau, déshydratation'. Tous les médicaments ont des effets secondaires, c'est normal.
- Et ça se soigne les effets secondaires ? insista la petite fille
Sandrine et Georges éclatèrent de rire, tellement la question leur paraissait saugrenue.
- Si on pouvait, répondit Sandrine, on mettrait dans le médicament de quoi les soigner. Comme ça il n'y en aurait pas.
- Et puis fit Georges, riant de plus belles, si c'est secondaire, ce n'est pas important
- Allez, ramasse ton frère dans ton seau, dit Georges, on va aller faire un peu de plongée.

Sandrine se réveilla en sursaut. Ce genre de cauchemar revenait de plus en plus souvent. Cette fois ci, c'était le fils qu'elle n'avait pas encore, la veille c'était sa fille qu'elle aimerait tant avoir, empoisonné par un morceau de poulet, la semaine d'avant elle rêvait que Georges la quittait après qu'une tranche de saumon l'ait fait vieillir de 50 ans en quelques secondes.
- Téléphone, grommelait Georges, la tête dans l'oreiller.
Revenant à la réalité, elle finit par entendre la sonnerie de son portable. Doucement, elle se leva sans allumer la lumière, prenant son mobile sur la table de nuit et le portant a son oreille
- Sandrine ? fit la voix familière de Lewis
- Mmm ; grommela-t-elle dans le combiné
- Je... j'ai été un peu sec avec vous ce matin
Elle ne répondit pas, alors que Lewis se lançait dans une série d'excuses pitoyables. Il parlait d'une voix lente, fatigué, cherchant ses mots.
- Il est deux heures du matin, Lewis, coupa sèchement la jeune femme, et après que vous m'ayez licencié, je n'ai que faire de vos excuses.



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# Posted on Monday, 12 October 2009 at 5:29 PM

Edited on Tuesday, 13 October 2009 at 3:01 PM

QASBB22


Sandrine prenait son petit déjeuner tranquillement sur la plage avec Georges. La chaleur moite des tropiques, le doux ressac des vagues, la noix de coco fraîche, tout autour d'elle avait un goût de paradis. Un peu plus loin, leurs deux enfants jouaient dans les rochers, sautant de bloc en bloc pour éviter les embruns. Chris avait 10 ans et avait toute l'énergie de sa mère, Sandy à 6 ans était plus raisonnable et cachait derrière sa timidité de petite fille la même assurance tranquille que son père.
- regarde les jouer, dit-elle à Georges, avec tendresse
- Agiles comme des singes.
Mais soudain Chris venait de sauter et de retomber sur un rocher glissant. Son pied dérapa, faisant soudain un angle étrange avec sa jambe. Le petit garçon tomba lourdement sur la pierre dure et glissa entre deux blocs. Quelques secondes plus tard, ses hurlements de douleurs arrivaient aux oreilles de Georges et Sandrine.
- Ma mère disait toujours, fit Georges en se levant tranquillement, tant qu'ils pleurent, c'est qu'il n'y a rien de bien grave.
Les deux jeunes parents arrivèrent doucement sur le lieu du drame, Georges récupéra son fils, coincé entre deux rochers et l'allongea sur le sable. Sa cheville avait doublé de volume mais ce n'était pas pour cela que le garçon pleurait. En tombant entre les rochers, son tibia c'était rompu et la partie fracturée de l'os avait traversé la peau. La fracture ouverte était recouverte d'algues, de sables et de sang.
- Beurk, fit Sandy, c'est pas beau. C'est grave maman ?
- Ce n'est rien, dit Sandrine, un petit bobo.
Elle sortit un aérosol de son sac, le secoua fortement et en pulvérisa longuement le contenu sur la jambe de son fils. En quelques instant, la cheville reprit sa taille normale, la fracture se résorbait, la plaie cicatrisait. Chris se releva en souriant.
- Je peux retourner jouer, Maman ?
- Un bisou d'abord
Alors que le garçon se mettait sur la pointe des pieds pour embrasser Sandrine, la peau de sa jambe blessée prit soudain une couleur grisâtre. Puis ce fut le tour de son torse, de ses bras, de sa tête. En quelques secondes, tout son corps avait pris la teinte de la pierre. Puis la peau se craquela comme si elle se desséchait sous l'influence d'une chaleur intense et Chris tomba en poussière.




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# Posted on Thursday, 08 October 2009 at 2:35 PM

Edited on Monday, 12 October 2009 at 5:32 PM