- Enervé ! Tonna-t-il, on le serait à moins. Je suis sorti de mon bureau a dix heures moins cinq pour venir ici et en chemin j'ai oublié ou j'allais. Vous m'entendez ? Ou-bli-é !
- Ça peut arriver fit Lewis qui ne comprenait ni la colère de son patron ni ce qu'il faisait là.
- Vous n'avez rien compris, vous ! Vous n'avez pas lu le dossier recherche et développement de cette petite salope ?
- C'est un torchon ! Répondit Lewis. Ça ne parle que de la molécule de Floc. Quel rapport ?
- Le rapport ? Tout est dans le dossier. Cette garce nous a empoisonnés. Tendinites, douleurs articulaires, trous de mémoires, difficulté d'élocution, fatigue...
- Acouphènes, fasciculations, continua Sandrine, sensations de froid aux pieds et aux mains, bouches et yeux secs, troubles cardiaques, troubles du sommeil...
- Ça vous amuse, hein ? Coupa Cardiff, vous nous avez empoisonnés et ça vous amuse ! Mais vous rirez moins quand la police sera là !
- Vous avez appelez la police ? demanda Sandrine, atterrée
Cardiff la regardait de haut, un peu essoufflé par sa crise de colère mais satisfait de son effet.
- Ça n'a pas l'air de vous plaire, fit-il, narquois.
- Ce n'était pas dans mes intentions que les choses aillent si loin !
- Quand on joue à l'empoisonneuse, il faut être prête à en supporter les conséquences.
Lewis regardait la discussion entre son assistante et son patron sans intervenir. Mais malgré sa fatigue, il se rendait compte qu'il y avait une contradiction dans ce que disait Cardiff. Sandrine elle, ne disait plus rien. Elle réfléchissait, comme si la venue de la police était un imprévu qu'elle hésitait à retourner à son avantage. Il laissa passer un court silence avant d'intervenir
- Patron, dit-il, si vous pensez qu'elle nous a fait prendre la molécule de Floc à notre insu, ce serait gênant de dire que nous avons été empoisonnés. Surtout si ce ne sont que les effets secondaires que nous ressentons.
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