QASBB9



Elle hésita un instant, puis obéit. Lewis avait l'air désespéré, déchiré entre ses obligations professionnelles et sa santé. Elle regarda un instant l'avant bras de son patron, une vibration légère agitait sa surface, un peu comme si les fibres musculaires étaient animées d'une vie propre.
- Donnez-moi deux jours. Dans deux jours je fais mon discours aux actionnaires. Après j'irais voir tous les médecins que vous voudrez.
- Mais...
- De toute façon c'est un ordre.
- Bien, dit Sandrine résignée, mais c'est de la folie
- Promettez-moi de ne rien dire!
- Promis, dit-elle sans oser souligner qu'il lui avait déjà demandé quelques minutes plus tôt. Mais reposez-vous. Le discours est prêt, il a été relu par les autres directeurs et validé par le grand patron.
- Vous êtes une perle
- Votre discours sera retransmis sur la chaîne Bloomberg. Je le regarderai de chez moi.
- Bien, répondit Lewis, très bien. Je n'aurai pas besoin de vous dans la salle de toute façon
- Rentrez chez vous pour vous préparer au calme. Je vous ferai livrer un repas léger ce soir. Un peu de poulet froid avec une salade.
Elle se leva pour regagner son bureau.
- Au fait, dit Lewis alors qu'elle était sur le pas de la porte, J'aime beaucoup votre nouveau parfum
Sandrine se retourna surprise. Puis son visage s'adoucit comme si elle venait de comprendre quelque chose.
- je n'ai pas changé de parfum depuis 10 ans dit elle avant de disparaître.


La suite
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 16 septembre 2009 14:52

Modifié le jeudi 17 septembre 2009 15:13

QASBB8


La jeune femme s'exécuta et retourna s'asseoir, et resta silencieuse, attendant que Lewis se décide.
- C'est votre portable qui sonne ? demanda-t-il soudain
- Je l'ai laissé dans mon bureau dit Sandrine
- Ah! Ça doit être à coté. Je...je peux vous faire confiance ?
- Vous êtes vexant, Lewis !
- C'est que...Vous ne répéterez rien ? vous me le promettez
- Bien sur
- Dans l'avion, ça n'allait pas du tout. J'avais froid aux pieds et aux mains, j'étais fatigué et j'avais mon c½ur qui battait.
- Heureusement, sourit Sandrine
- Je veux dire, il battait si fort ! Je le sentais. Boum, Boum, Boum, comme s'il se cognait sur les parois de ma poitrine, comme s'il voulait sortit. Comme s'il n'avait pas assez de place ! Il ne battait pas plus vite, mais fort, très fort. Et puis...
Lewis s'arrêta, hésitant, effrayé par ce qu'il avait vécu, et encore plus de le revivre en le racontant.
- Et puis ? fit Sandrine pour le pousser à continuer
- Des fois, c'était comme si un battement n'allait pas se faire, comme si le c½ur s'arrêtait, un instant, une seconde de trop entre deux battements. Une seconde à se demander... une seconde d'angoisse...une seconde à se croire déjà...Pendant tout le vol, c'était comme ça.
Il se tut, terriblement ému par ce qu'il avait vécu.
- Je vous prends rendez-vous chez un cardiologue immédiatement, dit Sandrine en se levant, et vous rentrez chez vous vous reposez
- Attendez, dit-il. Rasseyez-vous




La suite

# Posté le mardi 15 septembre 2009 15:52

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 14:56

QASBB7


Lewis arriva soudain, tout juste arrivée de l'aéroport. Il entra en trombe dans le bureau de Sandrine, avant même d'avoir posé sa valise et quitter son manteau.
- Dans mon bureau, dit-il, immédiatement.
- Après 20 heures de voyage, dit-elle en le suivant docilement, vous feriez mieux d'aller vous proposer
- Pas le temps, dit-il en enlevant son manteau, on a le...le...
Il se tu un instant, semblant chercher ses mots
- Le discours des actionnaires finit-il par conclure, à préparer ! Vous savez bien !
- Il est prêt, dit Sandrine, vous n'avez plus qu'à le relire.
- C'est ça ! Plus qu'a ! S'emporta-t-il, Je risque mon job moi. Et vous aussi d'ailleurs.
Il s'assit devant son ordinateur et resta quelques instants, absorbé dans ses pensées, sans dire un mot.
- C'est quoi déjà mon mot de passe ? demanda-t-il
- Vous êtes fatigué, Lewis, c'est le prénom de votre femme
Lewis releva les mains de son clavier et se les massa en grimaçant
- Cochonnerie d'avion ! Pendant tout le voyage j'avais les mains gelés et maintenant, j'ai mal au main et c'est à peine si je peux taper trois mots sur le clavier. Et j'avais les yeux asséchés par l'air conditionné ! Le mot de passe, vous me l'avez donné ?
- Le prénom de votre femme, fit Sandrine en souriant
- Bien, je relis le discours et...
Sandrine le dévisageait intensément. Il était pale, le teint presque gris et les yeux cernés. Il clignait des yeux souvent, comme pour se maintenir éveillé. Mais surtout, son visage reflétait une inquiétude qui allait bien au-delà de ce qu'il pouvait ressentir pour un discours.
- Qu'est ce qui ne va pas ? demanda-t-elle
Il hésita quelques instants.
- Fermez la porte du bureau, fit-il doucement.


La suite
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 14 septembre 2009 14:55

Modifié le mardi 15 septembre 2009 15:54

QASBB6


Sandrine avait suivi Lewis aux ventes et s'occupait de son patron avec un dévouement quasi maternel. Disponible 24 heures sur 24, elle lui organisait voyages, rendez-vous d'affaires, invitations chez les décideurs. Quand il revenait le week end chez lui, elle se faisait fort de dégager son épouse de tout souci logistique en faisant livrer des repas matin midi et soir, pour le couple et leurs deux enfants.. Et quand par hasard, Lewis donnait des signes de fatigues, quand la cuisine locale ou le décalage horaire pesaient un peu trop sur ses épaules, de jour comme de nuit elle lui trouvait un médecin pour venir prendre soin de lui dans son hôtel, qu'il soit dans une ville voisine ou a l'autre bout du monde. Et si besoin elle s'occupait de la traduction entre le médecin et son patron. Comme elle parlait cinq langues, elle assurait quand elle pouvait la traduction par téléphone. Sinon elle se faisait fort de trouver un interprète à toute heure du jour et de la nuit pour aider Lewis et son médecin à se comprendre.
Grâce à l'aide incessante et omniprésente de Sandrine, Lewis semblait être partout a la fois, ventant les médicaments de la PPU aussi bien en Afrique qu'en Europe qu'en Asie, dans une mime semaine.
Ce jour la, Sandrine essayait de se remettre un peu d'ordre dans les idées. La semaine avait été éprouvante. Lewis, en voyage en Inde l'avait sollicité toutes les nuits. Depuis quelques temps, il l'appelait pour des choses futiles : confirmer un horaire, lui rappeler une consigne qu'il avait déjà donnée, vérifier si son travail était bien fait. Et puis le jour, elle avait du préparer le discours annuel de Lewis pour les actionnaires, discours dans lequel il devait donner les résultats des ventes, expliquer sa stratégie, donner les projections a moyens termes. Lewis était particulièrement inquiet, presque angoissé par cette présentation qu'il avait pourtant déjà réalisé avec succès par deux fois déjà. Et si Lewis donnait quelques signes de fatigues, Sandrine n'était pas épargné non plus. D'autant plus que son petit ami commençait à se lasser de la voir plus préoccupée par le bien être de son patron que par le sien.


La suite
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 10 septembre 2009 15:19

Modifié le lundi 14 septembre 2009 14:57

QASBB5


Les jours suivants furent consacrés à la molécule du professeur Floc. Stratégie marketing par pays, communication aux médecins, conditionnement et dosage, protocoles de soin, moyens de production... Mais aussi la création de toute la gamme de produits et de soins destinés à soigner les effets secondaires : anti-douleurs, anti-inflamatoires, stimulant cérébraux, que les patients pourraient obtenir par le biais de médicaments classiques ou par le biais de médecines douces. Du doliprane au Tai Chi, tous les canaux commerciaux furent explorés afin d'y trouver des marges aussi conséquentes que possible.
Et puis les semaines, les mois passèrent. Appelé à d'autres fonctions, la molécule de Floc ne devenait plus, pour Sandrine et Lewis, qu'un épisode de plus dans une vie professionnelle des plus actives.
Quelques temps après la commercialisation a grande échelle de la nouvelle gamme de médicament, Lewis fut nommé à la direction des ventes pour l'ensemble du groupe. Le poste était un bon tremplin pour avancer dans la hiérarchie du groupe et se positionner en remplaçant de l'actuel président. Il demandait par contre un investissement personnel très important. Un jour a Rome, le lendemain a Berlin pour finir la semaine a Singapour, les déplacements internationaux étaient monnaies courante. C'était l'occasion pour lui de démontrer qu'il avait une qualité essentielle pour un futur dirigeant : une santé de fer.


La suite
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 16:22

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 15:22