Nicolas et les balayeurs -8



Alors Nicolas partit en voyage, visiter les autres quartiers. Là, il se mettait à chanter en enlevant sa chemise :
Mes amis, disait-il
Mes balayeurs font un dur labeur
Et ils peuvent le faire pour vous
Ils savent bâtir
Ils savent construire
Et si avec moi vous signez des contrats
Je vous le promets, j'enlève le bas.

- J'aimerais des avions en papier, fit l'un, j'aime bien m'amuser
- Moi pour Noël, fit un autre, ce sera un train électrique
- Pour moi, un peu de nucléaire, je suis gentil même si je n'en ai pas l'air
- Mon voisin est un vilain. Me vendrais-tu des gourdins

Plusieurs fois, Nicolas enleva le bas mais il ramena plein de contrat. Il mit ses balayeurs au travail sans surseoir, car il ne pouvait plus s'asseoir.
Alors les balayeurs travaillèrent enfin plus, et gagnèrent plus. Grâce à cela, ils achetaient plein de produits fabriqués dans les quartiers ou les balayeurs gagnaient sans oser râler, juste assez à manger et autres quartiers exploités. L'argent rentrait à flot chez les locataires, enrichissant les propriétaires.
Le système marchait si bien qu'il fut repris dans les immeubles voisins et bientôt tout le quartier travailla plus pour gagner plus, et les parents plus longtemps pour coûter moins à leurs enfants.
Mais tout n'était pas rose, loin de la.

# Posté le mercredi 23 janvier 2008 16:38

Modifié le lundi 04 février 2008 14:04

Nicolas et les balayeurs -7




La femme se leva et lui expliqua, comme si c'était un gamin :
- Mon Petit, dit-elle, Si tes balayeurs veulent gagner plus, ils n'ont qu'à travailler plus. Et si les parents travaillent plus longtemps, il y aura plus d'argent pour leurs enfants.
Nicolas resta stupide. Il retourna l'idée dans la tête. Les balayeurs avaient du temps libre et travailler plus ou plus longtemps n'était pas impossible. Et s'ils travaillaient plus pour les locataires, ceux ci produiraient plus et donc vendraient plus et donc auraient plus d'argent et tout le monde serait content.
- Mes amis, dit il ému, je vous remercie. Vous venez de m'enlever un gros souci.
Dés qu'il fut parti, les propriétaires se regardèrent silencieux, essayant de rester sérieux, savourant le moment. L'un dit :
- De tous les sots qu'ils ont élus, celui ci est le plus beau.
Et puis soudain tous ensemble, ils éclatèrent de rire, hystériques. Les uns se roulaient par terre, ne pouvant se retenir, d'autres en pleuraient, certains en pissaient. Et toute la nuit ils festoyèrent au plus beau coup de leur carrière

Le lendemain, Nicolas convoqua tous ses balayeurs.
- Mes amis, dit-il, la solution est simple. Il suffit de travailler plus pour gagner plus. Et les parents n'ont qu'à travailler plus longtemps pour coûter moins à leurs enfants.
Alors les balayeurs arrêtèrent de travailler et bloquèrent les escaliers.
- C'est un scandale, disait les uns
- Inadmissible firent les autres
- On se moque de nous !
- Si on travail plus, on veut gagner BEAUCOUP plus
- Et si on travail plus longtemps, on veut beaucoup d'argent
Ils élirent un syndicat pour négocier avec Nicolas
Alors Nicolas fit un discourt à ses balayeurs qui dura plusieurs heures. Il clama haut et fort qu'il ne pouvait les satisfaire et qu'il fallait arrêter la grève.
Puis le lendemain, par en dessous, il céda sur tout et les balayeurs retournèrent au travail. Du moins ceux qui en avaient un.
Et puis il ne se passa rien. Et Nicolas s'aperçu que pour que les balayeurs aient plus de travail, il était nécessaire qu'il y ait plus à faire.



[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 22 janvier 2008 15:48

Modifié le mercredi 23 janvier 2008 16:43

Nicolas et les balayeurs -6


Nicolas se mit à rêvasser et à ressasser son idée. Elle était révolutionnaire : jusqu'à présent, toutes les taxes que lui et ses prédécesseurs avaient inventées reposaient sur une action : il fallait faire quelque chose pour être taxé : travailler, gagner de l'argent, se déplacer, acheter, vendre.
Mais celui qui ne faisait rien, lui, ne payait rien.
L'idée de Nicolas était de faire payer des taxes qui n'étaient pas basées sur une activité. Et si on ne taxait plus les gens sur la base de ce qu'ils faisaient, c'est donc qu'on les taxait sur ce qu'ils étaient. Et cela offrait des possibilités infinies. Nicolas y avait bien réfléchit. Il allait donner à son nouvel impôt une allure de justice : il allait commencer par taxer les riches, tout simplement parce qu'ils étaient riches. Et si cela marchait, petit a petit, il pourrait taxer les intelligents car leurs chances de réussites dans la vie sont plus grandes, taxé les grands et les gros car ils occupent plus de place et donc bénéficient plus des lieux publics, taxé les beaux car ils ont plus de succès en amour.
Et puis cela ne le dérangerait pas puisqu'il n'était rien de tout cela.
Nicolas sorti de sa rêverie. Il fallait commencer par les riches. Non seulement, la majorité des balayeurs étaient pauvres et n'y verraient que justice mais en plus, ils avaient de l'argent. Alors Nicolas convoqua les gros propriétaires car c'était eux les plus riches
Il commença à leur expliquer que ses balayeurs étaient malheureux et voulaient vivre mieux. Qu'il fallait trouver de l'argent pour leur en donner un peu.
Les propriétaires n'étaient pas bêtes, loin de la. Ils savaient ce que préparait Nicolas et n'en voulaient pas.
- Concierge, tu n'es qu'un sot !, l'interrompit un des plus gros avant que Nicolas ne leur parle charges et impôts
- Mais, dit Nicolas, surprit d'être traité ainsi
- Ton problème, concierge, est trivial, renchérit un autre a la tête de gavial
- Mais répéta bêtement Nicolas
- Tu nous fais pitié, coupa une femme agée. Ecoute cette Vérité :



# Posté le lundi 21 janvier 2008 15:39

Modifié le mardi 22 janvier 2008 15:59

Nicolas et les balayeurs -5

Alors il alla voir le voisin de palier de M. Voiturier, qui s'appelait M. Pétrolier. Ce locataire était le plus riche de l'immeuble mais employait peu de balayeurs . Il n'avait donc pas, comme Mr Voiturier, intérêt à déménager là où les balayeurs étaient moins payés. Et s'il augmentait les charges de M. Pétrolier, il pourrait réduire celle des autres locataires qui auraient donc plus d'argent pour payer leurs balayeurs. Cela avait l'air d'une bonne idée.
Il sonna à la porte.
- M. Pétrolier, commença Nicolas, dés qu'il fut entré. Ces dernières années vos profits ont bien augmenté. Je pensais donc augmenter vos charges. Une petite augmentation ne nuirait pas à vos affaires et arrangerait bien les miennes.
- Entrez, Nicolas, fit le locataire, entrez mon ami. Savez vous à qui je viens de téléphoner ? A mon frère !
- Ah, fit Nicolas, poli mais surpris, j'ignorais que vous en eussiez un.
M. Pétrolier était distingué et Nicolas espérait qu'un imparfait du subjonctif le rendrait moins rétif.
- De fait, répondit l'intéressé, il habite un immeuble au loin, dans les îles. Ses charges sont bien moins élevées que les miennes : même pas la moitié. Il m'invitait à venir m'y installer !
Nicolas pali. Le pétrolier parti ? Il n'osait même pas y penser.
- Ah! fit Nicolas, d'un ton faussement enjoué. Oublions tout cela et à l'occasion passez chez moi, nous boirons un verre et rirons de tout cela.
Nicolas repartit et réfléchit. Il pensa aller voir M. Banquier qui avait déjà prêté tant d'argent aux concierges précédents, mais il savait déjà ce que M. Banquier dirait :
- Nicolas, vous n'y pensez pas ? Votre dette est déjà tellement énorme qu'elle dépasse toute les normes.
Il pensa aller voir les autres appartements, ceux où habitaient juste Papa, Maman et leurs enfants et qu'il appelait PME pour aller plus vite
Mais il connaissait déjà leur réponse :
- Nous sommes déjà tant taxés qu'il ne nous reste que les yeux pour pleurer.

Alors, que faire ? Nicolas s'assit par terre et réfléchit encore. Il avait bien une idée, mais il fallait oser

Nicolas osera-t-il? vous le saurez lundi.








# Posté le jeudi 17 janvier 2008 16:26

Modifié le lundi 21 janvier 2008 15:42

Nicolas et les balayeurs -4

« On en a assez de ne faire qu'espérer ! Disaient les balayeurs ; on veut gagner plus d'argent, on n'est pas content ! »
Nicolas était instruit : il savait que dans son immeuble les balayeurs étaient des ra leurs. Alors il alla voir un des plus gros locataires, celui du premier qui s'appelait M. Voiturier. C'était un des plus gros employeurs et beaucoup de balayeurs travaillaient chez lui.
- M. Voiturier, dit-il, vos affaires semblent bien marché, vu tout ce que vous vendez. Mais vos profits sont si petits ! Ne serait-ce pas parce que vous faites trop d'économies ?
Car faire des économies était une ruse bien connue des locataires pour réduire leurs profits et payer ainsi moins de charges au concierge.
- Ah ! soupira M. Voiturier, Les profits ! si vous saviez mon ami
- C'est que, repris Nicolas, mes balayeurs, pour leur labeur aimeraient être mieux rémunérés et vos économies pourraient ainsi être...
- N'en dites pas plus, coupa M. Voiturier. Les temps sont durs ici et mes profits sont réellement tout petits. Quand je pense à mon cousin... Il habite bien loin et paye ses balayeurs bien moins ! Si vous voyez ses profits ! J'en rêve la nuit.
Nicolas pâlit. A mot couvert, M. Voiturier lui faisait une menace très claire : celle de déménager et de s'installer dans un autre quartier, la ou les balayeurs étaient peu payés, la ou ils gagnaient juste assez à manger par exemple. Plusieurs l'avaient déjà fait laissant derrière des appartements vides et des balayeurs inoccupés. Et ces balayeurs, il fallait bien leur permettre de vivre et les payer comme les autres, assez pour espérer. Du coup, Nicolas devait trouver de l'argent et pour cela il devait augmenter les charges. Alors, les locataires avaient encore plus envie de partir. Et si M. Voiturier partait... Nicolas n'osait même pas y penser.
- Ah, fit Nicolas, d'un ton faussement enjoué. Oublions tout cela et a l'occasion passez chez moi, nous boirons un verre et rirons de tous cela.
Quand il sortit de chez Mr Voiturier, il était bien embêté.





[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 16 janvier 2008 15:46

Modifié le jeudi 17 janvier 2008 16:36