stps2



Sid laissa passer un silence et parcouru la classe du regard. Il posa les yeux sur Krysty, une des plus belles filles de la classe.
- Krysty, demanda-t-il, expliquez à Pete pourquoi le voyage dans le temps n'est pas possible
- Pete ; expliqua-t-elle patiemment, comme à un enfant débile, le voyage dans le temps remettrait en cause le principe de la causalité. La cause doit précéder l'effet. Le voyage dans le temps permettrait à un effet, par exemple toi-même, de retourner dans le passé , épouser ta mère pour être ton père, la cause de ton existence. Ainsi tu serais à la fois cause et effet.
Sid regardait la jeune fille expliquer avec élégance les raisons théoriques qu'elle avait retenues de ses cours, en se demandant si elle allait accepter de dîner avec lui ce soir. Mais alors que Krysty continuait ses explications, Pete se leva soudain, et prit possession de l'estrade. Comme habité par une force irrésistible, il se mit à écrire devant Sid médusé, une série d'équations très originales, accompagnées de représentations surprenantes de l'espace temps. En quelques minutes, il expliqua à la classe et à son professeur pourquoi le voyage dans le temps était possible et comment y parvenir. Quand il se tu, un lourd silence s'abattit dans la salle, alors que chacun relisait les démonstrations de Pete. Enfin Sid prit la parole.
- J'ai fait un doctorat de math, en même temps que mes études d'astronaute. La dernière année, notre professeur nous a fait une démonstration d'une heure pour arriver à la conclusion que un était égal à zéro, et il nous a mis au défi de trouver où était la faille dans son raisonnement. Il nous a fallu des semaines.
- Et alors ? demanda Krysty
- Alors les équations peuvent être trompeuses. Et celles de Pete le sont forcément puisque le voyage dans le temps est impossible.
La jeune fille le dévisageait avec insistance, comme si elle ne croyait pas un mot de ce qu'il disait. Quand Pete lui avait demandé s'il avait fait une machine a voyagé dans le temps, il avait éludé la question et la jeune fille n'était pas dupe.


La suite

stps2

# Posted on Tuesday, 03 November 2009 at 3:08 PM

Edited on Wednesday, 04 November 2009 at 3:47 PM

STPS1

Sale temps pour Sid

Depuis qu'il avait été exposé aux terribles effets des steroids XXL de la planète Asell de Scuum, les médecins de l'aérospatiale estimaient que la santé de l'astronaute n'était plus suffisamment sure pour lui confier de nouvelles missions. En attendant que les médecins changent d'avis, ce qui était fort improbable, Sid était professeur de physique moderne a l'école des cadets de l'espace, où il partageait son temps entre recherche et enseignement.
Ce jour la, il était arrivé un peu en avance comme d'habitude. Il aimait bien voir arriver ses élèves, les observer, les jauger à leur démarche et essayer de deviner à leur allure quelle sorte d'astronaute ils seraient. Et puis cette année, il y avait quelques jolies filles, ce qui rendait l'exercice d'autant plus intéressant.
La classe était maintenant pleine. Il jeta un coup d'½il par la fenêtre à la ville grise et sale qui s'étendait à perte de vue. Le soleil perçait avec peine l'épaisse pollution qui recouvrait l'agglomération d'un couvercle vaporeux. Un bon jour pour enseigner car il n'y avait pas grand chose d'autre à faire.
Il prit la craie pour écrire au tableau. Après une hésitation il écrivit : 14 octobre 2070. Sans vraiment comprendre pourquoi, cette date sonnait bizarrement faux dans son esprit. Mais devant ses élèves, il était hors de question de montrer la moindre faiblesse.
- Aujourd'hui commença-t-il, nous allons aborder la théorie de la relativité générale
Il commença son cours, se lançant comme un acteur ayant bien répéter son rôle dans une série de démonstrations de plus en plus compliquées. Il leur expliqua la vitesse de la lumière, la gravité, la relativité du temps, et bien d'autres choses encore. Puis, après avoir parlé deux heures sans quasiment s'arrêter, et avant de passer à des exercices d'applications, Sid invita ses élèves à poser quelques questions. Sans hésiter, Pete Mite, le meilleur des élèves que Sid ait jamais eu leva la main :
- M. Carlson, demanda-t-il, c'est vrai que vous avez fait une machine à voyager dans le temps ?



La suite
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Monday, 02 November 2009 at 3:23 PM

Edited on Tuesday, 17 November 2009 at 4:05 PM

Time out

D'habitude, je laisse passer quelques mois entre le moment où je finis d'écrire une histoire et le moment ou je vous la raconte. Mais une fois n'est pas coutume, celle-ci je viens de la finir. On va dire que pour l'écrire, je suis retourné six mois en arrière, qu'alors j'ai pris ma plume et que maintenant l'histoire est prête.
On peut le dire car on va parler de voyage dans le temps : dés qu'on écrit des histoires bizarres, fantastiques ou de fiction, on est obligé d'aborder ce sujet. Pourtant, on en a lu des histoires sur ce thème éculé!
Il y a les histoires simples où le héros va dans le passé, épouse sa mère et deviens son père par la même occasion. Etant lui-même son propre fils, ses enfants sont ses frères et s½urs, et ses frères et s½urs sont aussi les oncles et tantes de ses enfants, et donc de lui-même. Et je ne vous parle pas des relations qu'il a avec sa mère. Ce n'est rien de le dire !
Et puis il y a les histoires plus compliquées où un méchant du futur viens dans notre présent, qui est son passé, pour changer le sien de présent, qui est notre futur. Dans certaines variantes évoluées, le héros va dans le futur, dans le passé du méchant, pour empêcher l'invention de la machine à voyager dans le temps. Ainsi, toute l'histoire n'a plus lieu d'être, ce qui sans doute aurait été plus facile pour le lecteur a court d'aspirine.
Toutes ces histoires autour d'un concept impossible! Car on ne peut pas voyager dans le temps, on ne pourra jamais, et tous les paradoxes du voyageur temporel ne relèvent que du divertissement cérébral.
Et si ces histoires relèvent du rêve, de l'irréel et de l'impossible, il n'y a qu'une seule personne qui puisse espérer relever ce défi et affronter l'inimaginable en gardant la tête froide. C'est pour cela que cette histoire s'appelle :


Sale temps pour Sid

Et croyez mieux, il aurait mieux valu qu'il pleuve
Time out

# Posted on Thursday, 29 October 2009 at 4:07 PM

debrief

Heureusement, me direz vous, ce n'est qu'une histoire. Aucun médicament avec de tels effets secondaires ne serait mis sur le marché ! Et puis même si un tel médicament existait, même si quelqu'un osait en vendre, il paraît inimaginable qu'on en retrouve dans l'alimentation. Ou qu'on fasse des essais de médicaments sur des petits nigérians. Voire qu'on en donne à des postiers à titre préventif...

Hélas, ce n'est qu'une histoire. Dans la réalité, il n'y a pas que des petits nigérians et des postiers qui finissent fous ou dans des chaises roulantes. Et si l'histoire décrit surtout les effets neurologiques et cardiaques, c'est qu'ils sont moins visibles et moins compris par les victimes que les effets tels que ruptures de tendons ou arthrose. Allez faire le lien entre une tranche de saumon et le c½ur qui bat trop fort, entre une crise d'angoisse et un blanc de poulet, des trous de mémoire et du gigot...

La bonne nouvelle, c'est qu'on ne donne pas aux animaux les médicaments qu'on nous prescrit. Ouf. Non, on leur donne les variantes qui sont interdites pour les humains, tellement elles sont dangereuses. Et c'est cela qu'on retrouve dans nos assiettes. Dans quelles proportions ? Mystères et boules de gommes, je n'ai pas trouvé d'études sur le sujet, juste des rumeurs. Certains disent que certains aliments contiendraient dans 100Gr l'équivalent d'un demi-comprimé... Il ne vaut mieux pas que cela se sache, si vous voulez mon avis. Bon, c'était pas une bonne nouvelle finalement. Et puis, au fait, comment sait-on que ces variantes sont dangereuses pour l'être humain ?

Les études sur les effets secondaires ? J'en ai trouvé deux ou trois sur le site pubmed. Soyez rassuré, ces études ne sont faites que sur des rats. Comme ce sont les labos qui financent les recherches, nous pouvons être tranquilles pour l'avenir de ces braves bêtes : ils ne seront pas trop sollicités par un sujet qui risque de priver l'industrie pharmaceutique d'une abondante source de profit.
Bien sur, tout le monde n'a pas la même sensibilité a ces médicaments. Certains en prennent de fortes doses sans problèmes, pour d'autres un comprimé suffit pour ce trouver en chaise roulante. Et vous ? Combien de blancs de poulets et de tranches de saumons avant d'avoir des tendinites ? Ou pire...
Et ça se soigne, les effets secondaires? a part le magnésium il n'y a rien a faire...

Hélas, hélas, il n'y a pas beaucoup de Sandrine dans la vie réelle. Ça ne servirait pas a grand chose de toute façon car même lorsqu'une personnalité se fait avoir, et bien c'est tant pis pour elle, et rien ne change.
Il faut bien se soigner me direz vous. Certes, mais sauf dans des cas relevant de la dernière onction, il y a nombres d'alternatives moins risquées pour le patient.

Finissons ce sujet par un petit exercice. Dans la liste des effets secondaires de l'histoire, quels sont ceux qui sont dans cette liste ? Et dans celle ci ? Et si vous avez du courage, lisez donc cela...Il y en a-t-il qui ne sont dans aucune des listes ?

Remarquez, il ne faut pas voir que le négatif : c'est la troisième histoire que le sujet m'inspire. Les deux autres ? Exil bien sur et puis Pure patate évidemment.




# Posted on Wednesday, 28 October 2009 at 4:12 PM

Edited on Wednesday, 28 October 2009 at 4:48 PM

Qasbb32


- Justement, répondit Arston...En attendant, fichez le camp, je vous ai assez vu pour aujourd'hui !
Lewis se leva de sa chaise péniblement, avec une grimace de douleur. Il hésita un instant, comme s'il n'osait parler. Et puis il se décida :
- Sandrine, demanda-t-il, le chocolat...Vous m'avez recommandé de prendre du chocolat cette nuit.
- Le chocolat contient du magnésium, et c'est à peu prêt la seule chose qui vous fera du bien. Mais prenez plutôt des comprimés, ce sera plus efficace que du chocolat.
Sans plus dire un mot, il mit sa veste et se dirigea vers la porte, les épaules basses, la tête penchée en avant. Puis arrivé sur le pas de la porte il se retourna.
- Dites-moi, demanda-t-il à Sandrine, le chocolat, cette nuit. Pourquoi ?
- Foutez le camp ; idiot, hurla Arston, elle vient de vous le dire
- Ce n'est pas de sa faute fit Sandrine, un brin de pitié dans la voix.
- Tout est de sa faute, Tout !
Une fois Lewis, sortit, il retrouva son calme et se tourna vers Sandrine, admiratif.
- Vous êtes...vous êtes diabolique
- Je suppose que je dois prendre cela comme un compliment, dit-elle
- Vous allez reprendre le plan de recherche a 5 ans ordonna-t-il, on ne peut pas le laisser tel que. Vous y mettrez un tiers sur le cancer, un tiers sur la thérapie génique et tout le reste sur la molécule de Floc et...Mais que faites-vous ?
Sandrine c'était levé, et prenant sa veste se dirigeait vers la porte.
- Lewis m'a mise à la porte hier. Je ne travaille plus pour vous, et je n'en ai plus envie. J'ai eu ce que je voulais.
Une fois de plus, le directeur de la PPU rentra dans une colère noire
- Quoi ! Tonna-t-il, vous venez ici, dans mon entreprise, vous mettez à genoux un de mes plus brillants adjoints, à cause de vous je perds en un mois mon directeur des ventes et mon directeur de la recherche, vous obtenez un tiers du plan de recherche et... et.. Vous partez ! Vous savez ce que c'est un tiers du plan de recherche ? C'est des milliards de dollars ! des milliards !
- Vous voulez juste une petite main pour ré-écrire votre plan de recherche. Après ce que j'ai fait vous n'aurez plus jamais confiance en moi.
- Mais au contraire, au contraire, expliqua Cardiff, soudain calmé. Maintenant que je sais ce que vous voulez, quelles sont vos valeurs, ce qui vous fait avancer, vous ne pourrez plus jamais rien me cacher. Restez, vous avez la place de Lewis.
Sandrine hésitait. Ce n'était pas vraiment son idée. Elle pensait plutôt s'arrêter de travailler quelques années, faire ces 2 enfants dont elle rêvait tant.
- Nous allons avoir des procès à cause de la molécule de Floc, plaida Arston qui avait compris le dilemme de la jeune femme. Il va me falloir toute l'aide possible, des gens compétents, des gens qui connaissent le sujet. Vous ne voulez pas la perte de la PPU, n'est ce pas, car sans la PPU, vos recherches n'auront pas lieu ! Restez au moins deux ans, vous ferez vos enfants après.
Elle resta quelques minutes a moitié dans le couloir, a moitié dans le bureau, ne sachant trop quelle décision prendre. Et puis, elle repoussa la porte en soupirant. Ses enfants devraient attendre encore un peu. Elle alla s'asseoir à la place de Lewis.
- J'y ai déja réfléchis, en cas de procès, dit-elle, nous devrons rejeter la faute sur l'industrie agroalimentaire. Après tout, ils ont aussi leur part de responsabilité.


Fin

# Posted on Tuesday, 27 October 2009 at 4:02 PM