QASBB14



Il posa la bouteille et fouilla dans sa poche a la recherche de son téléphone. Les yeux brillants, Sandrine regardait le petit i-phone posé sur le bureau qui ne donnait aucun signe de vie. Captant son regard, Arston cessa de fouiller dans sa poche et apporta les verres sur son bureau.
- J'avais cru... dit-il hésitant, puis il se reprit, retrouvant son rôle de directeur. ; assez parlé de moi ! Parlons de vous.
- Il s'agit plutôt de Lewis, fit Sandrine, prudente
- Lewis est malade. Et j'ai besoin d'un directeur des ventes. Vous connaissez tous les dossiers, depuis que vous êtes arrivées à la PPU, vous impressionnez tout le monde par votre implication et par la pertinence de votre travail. Le poste est à vous et vous commencez demain. Avec le salaire correspondant.
Sandrine resta silencieuse un long moment. L'offre était alléchante. Directrice des ventes d'une entreprise comme la PPU avant même d'avoir trente ans, c'était une promotion que le monde entier lui envierait. Sans parler du salaire et des bonus.
L'offre était tentante. Très tentante. Quelques années ont ce poste et elle pourrait s'arrêter un peu. Faire un enfant, ou deux. Mais ce n'était pas le plan. D'autant plus que les chances de réussites avaient considérablement augmenté suite a sa discussion avec le président de la PPU.
- Il est un peu tôt pour enterrer Lewis, ne pensez-vous pas ? finit-elle par dire, sans se compromettre
Cardiff ouvrit la bouche pour répondre mais la sonnerie du téléphone lui coupa la parole. Il prit le combiné
- L'hôpital pour vous, fit la voix de son assistante
- Merci Mademoiselle, fit-il en mettant le poste sur haut-parleur pour que Sandrine puisse entendre


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# Posté le jeudi 24 septembre 2009 15:27

Modifié le lundi 28 septembre 2009 15:53

QASBB13


Arston Cardiff dirigeait la PPU depuis de nombreuses années, à la grande satisfaction des actionnaires. Sous son influence, la PPU, alors petite entreprise familiale, s'était transformée en une multinationale puissante et respectée ? C'était lui qui avait embauché Lewis, reconnaissant en lui le potentiel d'être son futur remplaçant. Il l'avait suivi tout au long de sa carrière, l'avait poussé en avant pour lui permettre de montrer ses compétences. Mais si le malaise dramatique dont il avait été victime ne pouvait le laisser indifférent, il fallait d'abord et avant tout s'occuper de l'entreprise.
Sandrine était assise devant lui et il aurait fallu beaucoup d'imagination au dirigeant de la PPU pour imaginer la jeune fille a moitié nue en train de danser victoire devant son patron effondré. Vêtue d'un sobre tailleur bleu marine, maquillée légèrement dans le style 'je suis venu aussi vite que possible', elle arborait un air de circonstance.
- Je vous sers un verre proposa-t-il, comme il le faisait toujours avant une discussion difficile
- Scotch, fit Sandrine, sans glace, s'il vous plait
Il se leva et se dirigea en boitillant légèrement vers un buffet
- Vous vous êtes blessés ? demanda Sandrine, pour meubler la conversation
- Tendinite, répondit-il. Epaules et tendons. Mon médecin dit que c'est un des moyens qu'a la nature de nous rappeler qu'on vieillit
- On fabrique de bons anti-inflammatoires dans nos usines
- Ouais! dit il désabusé en ouvrant une bouteille et en servant deux verres, ça marche mais dés que j'arrête, la douleur reviens en pire. Ah excusez moi. Portable



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# Posté le mercredi 23 septembre 2009 15:08

Modifié le jeudi 24 septembre 2009 15:29

QASBB12


Georges s'assit sur le canapé, plus dans l'espoir de récupérer son T-shirt et profiter de son contenu que pour regarder le discours de Lewis. Il avait commencé son discours, lisant laborieusement son texte d'une voix monocorde. Les yeux vagues, s'arrêtant parfois de longues secondes, il n'en finit pas moins par arriver au bout de son texte. Une main se leva dans l'assemblée
- Comment expliquez-vous, qu'en France, les ventes de la PPU aient baissé de manière significative
Lewis réussit à faire un sourire rassurant, pour se donner le temps de réfléchir, un sourire fatigué.
- La France commença-t-il est un cas part...part... a part. La fusion des joueurs françois ont accouché d'un géant que sa taille est gigantesque
Georges se tourna vers Sandrine
- C'est moi, dit-il, ou il dit n'importe quoi ?
- Chhht, fit son amie, écoute
Lewis se reprit, bafouilla à nouveau quelques phrases incompréhensibles. Une autre question fusa et une lueur de panique passa dans son regard. Un tremblement nerveux secoua sa lèvre supérieure. Il agrippa le pupitre vigoureusement de ses deux mains, tenta de prononcer quelques mots puis s'écroula sur le sol, inconscient, devant les actionnaires stupéfaits.
- Merde alors, fit Georges stupéfait, il fait un AVC en direct !
Mais Sandrine était debout sur le canapé, hystérique.
- Yes! Hurlait-elle en serrant le point et en le ramenant en arrière, yes !!
Sur l'écran, des hommes de la sécurité se précipitaient au secours de Lewis, une civière à la main pour l'évacuer.
- Tu exagères, fit Georges scandalisé, Il est en train de mourir et toi...
- Embrasse-moi avant que le téléphone ne sonne, coupa-t-elle en se jetant sur lui. De toute façon, il fait semblant.


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# Posté le mardi 22 septembre 2009 15:28

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 15:10

QASBB11



Lewis prit place devant le pupitre, les traits tirés, l'½il inquiet, il n'avait pourtant que des bonnes nouvelles à annoncer. La gamme de médicament basée sur la molécule du professeur Floc était un succès mondial. Produit à haute valeur ajoutée, les comptes de la PPU s'étaient vus se renforcer sous l'apport de marges confortables. Et puis, comme l'avait prévu Lewis, les effets secondaires entraînaient une demande conséquente en produits parallèles. Et comme il n'y avait guère de solutions dans la pharmacopée classique pour soigner ces effets secondaires, les patients, après avoir usé toutes les solutions de la médecine conventionnelle, se tournaient vers des médecines douces, créneau sur lequel la PPU avait su habilement se positionner. C'était une occasion unique pour, à la lueur de son palmarès, démontrer qu'il était le candidat idéal à la présidence de la PPU.
Lewis posa devant lui une liasse de feuilles, tapota sur le micro, pour demander le silence. Puis a la surprise générale il se mit le doigt dans l'oreille en regardant à droite et a gauche
- Il entend des bruits ton patron, fit Georges a Sandrine en lui tendant une bière
- C'est ça, fit-elle a mi-voix, exactement. Des bruits qui n'existent pas. Ça s'appelle des acouphènes. Tais-toi maintenant.
- Si je te traitais comme ça quand il y a des matchs de base-ball je me ferais tuer
- Sur, dit-elle distraitement. Mais les matchs de base-ball, c'est toutes les semaines. Ce que tu va voir, ça n'arrive qu'une fois.


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# Posté le lundi 21 septembre 2009 15:16

Modifié le mardi 22 septembre 2009 15:29

QASBB10


Affalée sur son canapé, vêtue en tout et pour tout d'un T-shirt beaucoup trop grand pour elle, Sandrine grignotait une pomme en regardant le dernier épisode de Gray's Anatomy. Nature, sans maquillage, débarrassée de son tailleur et de ses escarpins, détendue et souriante, nul n'aurait reconnu en elle l'assistante fidèle et dévouée d'un des hommes les plus puissants de l'industrie pharmaceutique.
- Eh, c'est mon T-shirt !
Georges, l'ami de Sandrine venait de rentrer dans la pièce. Le jeune homme avait comme Sandrine environ 26 ans. Grand, brun au style italien, lui et Sandrine c'étaient rencontrés à Harvard et ne se quittaient plus depuis.
- Il est douillet répondit Sandrine sans se retourner
- Et tous ce qui est dedans est à moi
- Viens le prendre alors
Sans se faire prier, il se pencha sur elle pour l'embrasser, tirant en passant sur le col du T-shirt pour s'offrir une vue imprenable sur la poitrine de la jeune femme. Mais soudain la montre de la jeune femme sonna et elle repoussa doucement son ami
- Il va falloir attendre un peu pour récupérer tes vêtements, mon grand, dit-elle en prenant la télécommande de la télévision
- Tu ne peux donc pas te passer de tes séries idiotes ? soupira Georges
- Si. Mais pas aujourd'hui, regarde.
Il regarda du coin de l'½il et ne pu s'empêcher de soupirer avec exaspération. En effet, sur l'écran géant, Lewis s'approchait d'un pupitre. La caméra pivota pour montrer un amphithéâtre où les actionnaires de la PPU attendaient le discours du directeur des ventes
- Encore lui, tonna Georges, mais décroche un peu de ton boulot ! C'est ridicule a la fin.
- Regarde-le ! Regarde le bien ! dit elle sans cacher son excitation
-Tu parles ! Il a les yeux cernés, il a l'air de sortir d'un cercueil.
- ça va être un désastre reprit-elle, fascinée C'est fantastique ! Il va partir en vrille et s'écraser là, en direct devant tous les actionnaires et devant des milliers de téléspectateurs. Va me chercher une bière !


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# Posté le jeudi 17 septembre 2009 15:11

Modifié le lundi 21 septembre 2009 15:17