QASBB19



Lewis parti, Sandrine se mit au travail avec son énergie coutumière. Elle avait un mois pour préparer le dossier qu'il présenterait au conseil d'administration, le plan directeur qui définirait les domaines de recherches qui seraient privilégier dans les 5 ans à venir. Bien sur une grande partie du travail avait déjà été faite, mais il n'en fallait pas moins consolider les différents dossiers, faire la synthèse des demandes des différentes directions.
Et puis surtout, pendant qu'elle faisait avec ostentation ce qu'on attendait d'elle, il y avait cet autre dossier, celui qu'elle préparait depuis des années, le seul qui comptait vraiment.
Lewis lui envoyait des cartes postales régulièrement et, au fur et a mesure que le temps passait, le ton de ces courriers se faisait plus jovial, plus enjoué. Le repos, la vie saine, la tranquillité, tout contribuait à ce qu'il retrouve son dynamisme, son humour et sa joie de vivre. Ainsi, quand au bout d'un mois, il poussa la porte de son bureau, Sandrine ne fut pas surprise de voir revenir un homme complètement différent de celui qui c'était écroulé devant une salle remplie d'actionnaires.
Bronzé, athlétique, les yeux encore remplis de l'azur des plages du pacifique, son surmenage n'était plus qu'un lointain souvenir.
- Lewis, dit-elle, en se levant pour l'embrasser, vous êtes beau comme un ange
- Je ne vous remercierai jamais assez de ce que vous nous avez organisé ! C'était fantastique !
- Et votre santé ?
- En pleine forme ! Bon, encore quelques douleurs de temps en temps aux épaules mais à part cela, je suis en pleine forme.
Ils discutèrent quelques minutes puis Lewis retourna dans son bureau : il n'y avait pas de temps à perdre pour reprendre le travail. Quand il sortit de son bureau, Sandrine resta immobile, figée, un sourire crispé aux lèvres. Après trois ans de travail acharné, trois ans de tromperies, de fourberies et de mensonges, l'heure de vérité allait enfin sonner.


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# Posté le lundi 05 octobre 2009 16:24

Modifié le mardi 06 octobre 2009 15:35

QASBB18



- Mais... commença Lewis
- C'est un ordre. Coupa tranquillement Sandrine, De votre médecin et du directeur.
- Vous... vous avez tout organisé, si rapidement ?
- Et bien d'autres choses. Cours de plongée, cours de tennis, et plein d'autres surprises. Vous profiterez de la cuisine locale : il y a une petite ferme a coté qui fournit l'hôtel. Il est 10H, votre avion décolle à 13H. Vous avez juste le temps de vous préparer : le taxi vient vous chercher dans une heure
- Mais...
- Vous retrouverez votre femme et vos enfants à l'aéroport
Avant qu'il n'ait pu répondre, elle était déjà sur le pas de la porte
- Bonnes vacances, Lewis, lança-t-elle en sortant.
En se retournant, elle sursauta en se retrouvant nez à nez avec Aston Cardiff qui venait prendre à son tour des nouvelles de Lewis
- Oups, dit elle, vous m'avez fait peur, Mr le directeur
- J'ai tout entendu, répondit il. Vous avez du y passer la nuit !
- C'est d'un délicat, d'écouter aux portes ! répondit sèchement Sandrine
- Cet imbécile ne se demande même pas pourquoi vous faites tous cela pour lui. Mais a moi, il faudra bien finir par le dire.
- Contrairement à vous, répondit la jeune femme avec une rage contenue, la santé des gens ne se résume pas a une rangée de chiffre dans un compte d'exploitation ! Et quand on peut aider des gens malades, des gens qui souffrent, on se doit de le faire.
Furieuse contre elle-même de s'être ainsi emporter et d'avoir dévoilé ses sentiments, elle tourna les talons et parti précipitamment sans attendre de réponse
- Si c'est ce que vous pensez, murmura Arston Cardiff, alors vous n'avez rien à faire chez nous.



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# Posté le jeudi 01 octobre 2009 15:24

Modifié le lundi 05 octobre 2009 16:26

QASBB17




Sandrine se rendit à l'hôpital le lendemain matin. Le médecin sortait de la chambre de Lewis et celui ci confirma son diagnostique. Fatigue, trouble du sommeil, angoisse, palpitation, troubles de la mémoire, douleurs articulaires, ces symptômes n'avaient qu'une seule et même cause : le surmenage. L'organisme de Lewis n'avait besoin que d'une chose : de repos, pour se reconstruire, se reconstituer.
- Ne lisez pas ces âneries dit-elle au malade en rentrant dans la pièce. Il était en train de lire les gros titres des journaux qui s'en donnaient à c½ur joie 'noyé sous le travail, le directeur des ventes boit la tasse en public' 'la santé des employés de la PPU inversement proportionnelle aux ventes' 'La maladie n'épargne pas les vendeurs de santé'.
- Je suis une vedette soupira Lewis
- Comment vous sentez-vous ?
- Epuisé, mal partout. Difficile à croire que ce n'est que du surmenage ! je suppose qu'ils vont me garder ici des semaines pour me faire plein d'autres analyses
- Vous n'avez rien Lewis, vos examens sont parfaits. Mais vous avez quand même eu un malaise
- J'ai fait semblant murmura-t-il
- Quoi ? fit Sandrine, faussement surprise
- Je...Je ne trouvais plus mes mots, je n'arrivais plus à, à me concentrer, je ne savais plus ce que je devais dire, comment le dire. Je me suis écroulé : c'était ma seule solution.
Il resta un instant silencieux
- Je pense que j'ai une tumeur au cerveau.
Elle éclata de rire
- Avec tous les examens que vous avez eus, cela se serait vu. Alors écoutez-moi bien, maintenant. Arston vous mute à la recherche. Vous y serez plus au calme.
- J'ai eu peur qu'il se débarrasse de moi !
- Il n'aurait pas osé, mentit Sandrine. Dans 5 semaines vous présenterez le plan à 5 ans qu'a préparé votre prédécesseur qui part en retraite. D'ici la...
Elle sortit de sa poche une pochette épaisse et la tendit à son patron.
- Dans cette pochette, il y a des billets pour les îles Samoa. Je vous ai réservé un hôtel la bas pour vous et votre famille. Un précepteur vous accompagnera pour assurer l'école a vos enfants. Un mois de plage, de soleil, de baignade dans les eaux chaudes du pacifique. Pas de téléphone, pas d'Internet, pas d'ordinateur.


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# Posté le mercredi 30 septembre 2009 16:14

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 15:26

QASBB16




Elle laissa passer un léger blanc, puis elle répliqua doucement
- C'est ce que tout le monde pense. Sauf la seule personne qui compte vraiment pour moi
Le visage du numéro une de la PPU affichait maintenant une grande lassitude.
- Tous ces petits jeux me fatiguent, soupira-t-il, je suis las de tous ces gens qui essayent de pousser leur petit agenda personnel. Il y a quelques années, cela m'aurais amusé d'essayer de vous percer à jour, mais plus maintenant. Alors dites moi ce que vous cherchez, et qu'on en finisse.
- Tout ce que je veux, c'est aller à la recherche avec Lewis
Cardiff secoua la tête avec résignation. Il resta silencieux un long moment, fixant Sandrine avec intensité. Enfin il reprit.
- Les gens comme Lewis sont faciles : ils veulent du pouvoir et de l'argent et toutes leurs décisions tournent autour de ces deux valeurs. Ce sont des marionnettes. Mais vous, vous êtes différente, vous êtes comme moi, une marionnettiste. Vous aimez faire avancer vos jouets dans un but que vous êtes la seule à connaître. Je devrais vous mettre à la porte : vous êtes dangereuse. Dites mois ce que vous voulez et je vous garde.
- Est ce vraiment important ?
- Si vous ne voulez pas le dire, alors c'est que ça l'est.
Sandrine ne répondit pas, et Cardiff continua.
- D'accord, vous avez gagné. Vous allez à la recherche avec Lewis. Je ne sais pas ce que vous voulez mais je pense que vous n'étés pas du genre à me faire un coup tordu. Vous m'envoyez Lewis a l'autre bout du monde pendant un mois et quand il revient, il mettra en application le plan de recherche a 5 ans qu'il devra présenter au conseil d'administration. Au moins, s'il s'écroule, cela restera en comité restreint.


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# Posté le mardi 29 septembre 2009 16:00

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 16:17

QASBB15



- Docteur Monroe, fit une voix, sortant du téléphone
- Arston Cardiff et Sandrine Delpont ici, répondit le directeur de la PPU. Avez vous des nouvelles de Monsieur Mc Loyd
- Il va bien, répondit le médecin, nous lui avons fait tous les examens possibles et n'avons rien trouvé d'alarmant.
- Nous avons craint qu'il n'ait un accident cérébral, une rupture d'anévrisme ou...
- Rien de tout cela coupa la voix dans le téléphone, d'ailleurs la tension de M. Mc Loyd est plutôt basse.
- Que lui est-il arrivé alors, demanda innocemment Sandrine
- Surmenage mademoiselle, et si M. Cardiff traitait ses employés avec plus de considération, M. Mc Loyd ne serait pas dans cet état la. Vos profits ne valent pas la santé d'un homme.
- Un autre ton avec moi, docteur Monroe ! Tonna Cardiff, vous risquez de vous trouvez sans crédit de recherche si vous continuez ! Voir sans boulot ! N'oubliez pas a qui vous parler.
Il y eut un léger silence a l'autre bout de la ligne
- Et vous M. Cardiff, n'oubliez pas qu'un jour ou l'autre vous passerez entre mes mains, ou entre celle d'un collègue. Un mois de repos total. Total, vous comprenez ?
Sans attendre la réponse, il raccrocha sèchement le téléphone. Sandrine resta un instant silencieuse puis proposa
- A son retour, il pourrait prendre la recherche. C'est moins stressant que les ventes, moins de voyages aussi. Peter Dienst, qui est à ce poste aujourd'hui, va présenter son plan à 5 ans et partir en retraite quelques mois plus tard. Lewis pourrait prendre sa place dés a présent.
- Et vous iriez à la recherche avec lui ?
- Je...je ne me sens pas prête pour prendre les ventes.
- Vous êtes amoureuses de lui, c'est ça? demanda alors Cardiff, brutalement


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# Posté le lundi 28 septembre 2009 15:51

Modifié le mardi 29 septembre 2009 16:06