Qasbb24


- Les yeux secs, dit Lewis d'une voix suppliante, je n'en avais jamais parlé. Le c½ur, la sensation de froid aux pieds, je vous en avais parlé. Mais pas les yeux secs. Comment saviez vous ? Et comment saviez-vous que cette nuit, je... j'irais mal à nouveau ?
Elle s'assit par terre en tailleur, le téléphone coller à l'oreille, hantée par son cauchemar. Médicaments empoisonnés, nourriture contaminée, comment pourrait-elle jamais soigner ou même simplement nourrir ses enfants, sa famille, sans avoir peur des conséquences ? Elle resta la, de longues secondes, perdue dans ses pensées, envahie par ses angoisses.
- Sandrine, finit par insister Lewis dans le téléphone
- Allez vous faire foutre murmura-t-elle en lui raccrochant au nez.
Elle resta assise quelques minutes avant de se relever pour aller boire un verre d'eau. Il fallait qu'elle se reprenne, qu'elle se réveille complètement. Elle laissa couler longuement l'eau et s'en passa sur le visage et quand le téléphone sonna à nouveau, elle était prête.
- Il vous reprend fit la voix familière de Cathy, l'épouse de Lewis, avec 50% de salaire en plus
Sandrine hocha la tête. Comme s'il s'agissait d'argent !
- Que se passe-t-il fit-elle, connaissant très bien la réponse
- Il allait si bien. Et puis ce soir, il est revenu fatigué, et depuis cela va de plus en plus mal. Il a froid au pied, il se plaint que son c½ur bat trop fort, il a mal aux mains, aux épaules. Et...
- Et ?
- Je..., commença Cathy d'une voix hésitante, je croix qu'il entend des bruits. Et des fois...il cherche ses mots, il bégaye.
Sandrine sentait l'angoisse perler derrière chaque mot de l'épouse de Lewis, effrayée par l'idée que les troubles de son mari pourraient être d'origine neurologique.
- Il pense que vous pouvez l'aider, finit-elle par dire.
- Dites-lui d'être à 10 Heures au bureau demain.
- Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour l'aider ?
- Mettez-lui des chaussettes, répliqua Sandrine, et donnez-lui du chocolat.



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# Posté le mardi 13 octobre 2009 14:59

Modifié le mercredi 14 octobre 2009 15:30

qasbb23



- Qu'est ce qui est arrivé à Chris demanda sa petite s½ur, à peine surprise, devant le petit tas couleur cendre qu'était devenu son frère.
- Rien de grave, répondit Sandrine d'une voix enjouée en lui montrant l'aérosol qu'elle avait utilisé, ' effets secondaires : sécheresse de la peau, déshydratation'. Tous les médicaments ont des effets secondaires, c'est normal.
- Et ça se soigne les effets secondaires ? insista la petite fille
Sandrine et Georges éclatèrent de rire, tellement la question leur paraissait saugrenue.
- Si on pouvait, répondit Sandrine, on mettrait dans le médicament de quoi les soigner. Comme ça il n'y en aurait pas.
- Et puis fit Georges, riant de plus belles, si c'est secondaire, ce n'est pas important
- Allez, ramasse ton frère dans ton seau, dit Georges, on va aller faire un peu de plongée.

Sandrine se réveilla en sursaut. Ce genre de cauchemar revenait de plus en plus souvent. Cette fois ci, c'était le fils qu'elle n'avait pas encore, la veille c'était sa fille qu'elle aimerait tant avoir, empoisonné par un morceau de poulet, la semaine d'avant elle rêvait que Georges la quittait après qu'une tranche de saumon l'ait fait vieillir de 50 ans en quelques secondes.
- Téléphone, grommelait Georges, la tête dans l'oreiller.
Revenant à la réalité, elle finit par entendre la sonnerie de son portable. Doucement, elle se leva sans allumer la lumière, prenant son mobile sur la table de nuit et le portant a son oreille
- Sandrine ? fit la voix familière de Lewis
- Mmm ; grommela-t-elle dans le combiné
- Je... j'ai été un peu sec avec vous ce matin
Elle ne répondit pas, alors que Lewis se lançait dans une série d'excuses pitoyables. Il parlait d'une voix lente, fatigué, cherchant ses mots.
- Il est deux heures du matin, Lewis, coupa sèchement la jeune femme, et après que vous m'ayez licencié, je n'ai que faire de vos excuses.



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# Posté le lundi 12 octobre 2009 17:29

Modifié le mardi 13 octobre 2009 15:01

QASBB22


Sandrine prenait son petit déjeuner tranquillement sur la plage avec Georges. La chaleur moite des tropiques, le doux ressac des vagues, la noix de coco fraîche, tout autour d'elle avait un goût de paradis. Un peu plus loin, leurs deux enfants jouaient dans les rochers, sautant de bloc en bloc pour éviter les embruns. Chris avait 10 ans et avait toute l'énergie de sa mère, Sandy à 6 ans était plus raisonnable et cachait derrière sa timidité de petite fille la même assurance tranquille que son père.
- regarde les jouer, dit-elle à Georges, avec tendresse
- Agiles comme des singes.
Mais soudain Chris venait de sauter et de retomber sur un rocher glissant. Son pied dérapa, faisant soudain un angle étrange avec sa jambe. Le petit garçon tomba lourdement sur la pierre dure et glissa entre deux blocs. Quelques secondes plus tard, ses hurlements de douleurs arrivaient aux oreilles de Georges et Sandrine.
- Ma mère disait toujours, fit Georges en se levant tranquillement, tant qu'ils pleurent, c'est qu'il n'y a rien de bien grave.
Les deux jeunes parents arrivèrent doucement sur le lieu du drame, Georges récupéra son fils, coincé entre deux rochers et l'allongea sur le sable. Sa cheville avait doublé de volume mais ce n'était pas pour cela que le garçon pleurait. En tombant entre les rochers, son tibia c'était rompu et la partie fracturée de l'os avait traversé la peau. La fracture ouverte était recouverte d'algues, de sables et de sang.
- Beurk, fit Sandy, c'est pas beau. C'est grave maman ?
- Ce n'est rien, dit Sandrine, un petit bobo.
Elle sortit un aérosol de son sac, le secoua fortement et en pulvérisa longuement le contenu sur la jambe de son fils. En quelques instant, la cheville reprit sa taille normale, la fracture se résorbait, la plaie cicatrisait. Chris se releva en souriant.
- Je peux retourner jouer, Maman ?
- Un bisou d'abord
Alors que le garçon se mettait sur la pointe des pieds pour embrasser Sandrine, la peau de sa jambe blessée prit soudain une couleur grisâtre. Puis ce fut le tour de son torse, de ses bras, de sa tête. En quelques secondes, tout son corps avait pris la teinte de la pierre. Puis la peau se craquela comme si elle se desséchait sous l'influence d'une chaleur intense et Chris tomba en poussière.




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# Posté le jeudi 08 octobre 2009 14:35

Modifié le lundi 12 octobre 2009 17:32

QASBB21


Secouée par la violence de l'altercation et par les propos démesurés de son patron, elle se leva résignée pour quitter la pièce. Mais la main sur la porte elle se retourna soudain.
- Cette nuit dit-elle avec hargne, votre seule angoisse, ce ne sera pas vos pieds glacés, ni votre c½ur qui cogne dans votre poitrine à vous empêcher de dormir, ni vos yeux secs. Non, votre seule angoisse, se sera de savoir si je vais répondre au téléphone et accepter vos excuses. Combien de temps vous faudra-t-il pour ravaler votre fierté et m'appelez ?
- Dehors ! hurla Lewis en lui lançant son dossier a la figure
Le dossier rata de peu la jeune femme qui le ramassa avant de sortir. Tous les regards se tournèrent vers elle alors qu'elle sortait dans le couloir. L'étage tout entier avait sans doute entendu la colère de Lewis, les employés de l'étage s'étaient rassemblés en petit groupe, discutant à voix basse ce qu'ils avaient entendu de l'altercation. Comme si de rien n'était, ignorant les regards posés sur elle, elle prit sa veste dans son bureau et se dirigea vers les ascenseurs. Elle s'approcha de la jeune réceptionniste dont le bureau était juste devant les portes.
- Lise, dit-elle à mi-voix, pour déjeuner, tu lui fais livrer à 11h30 une salade de poulet, un hot dog et une pomme
- Mais Sandrine, répondit la jeune femme regardant Sandrine d'un air désolé, il vient de te virer
-Tu appelleras le traiteur, continua Sandrine ignorant la remarque, et tu lui feras livrer le dîner du soir. Saumon fumé, gigot froid, salade de fruit.
- Après trois ans, souffla Lise, il te met à la porte et tu ne penses qu'a...
- Tais-toi, coupa Sandrine sèchement en lui tendant le dossier que Lewis lui avait jeté à la tête. Prend ce dossier et amène le au grand patron. Dis-lui qu'il doit être demain a 10H dans le bureau de Lewis.
Lise était maintenant désespérée, dévisageant Sandrine comme si elle était folle
- Tu es virée, Sandrine.
Celle ci se pencha sur le bureau et murmura d'une voix rageuse
- Tu fais exactement ce que je t'ai dit ou je raconte à toute la ville que tu m'as aidé à piéger Lewis. Tu viendras pointer au chômage avec moi. Mais toi, tu ne sors pas d'Harvard
- Je ferais ce que tu veux Sandrine, répondit la réceptionniste, matée. Salade poulet et hot dog a midi, saumon fumée et gigot le soir. Le dossier au patron et réunion demain matin.
- Et pas un mot a quiconque.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et deux agents de la sécurité sortirent dans le couloir. Sandrine, sans demander son reste passa entre les deux hommes et rentra dans la cabine.


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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 16:07

Modifié le jeudi 08 octobre 2009 14:39

qasbb20






Elle n'eut pas à attendre longtemps. Moins d'une minute après, Lewis l'appelait au téléphone et lui ordonnait d'une voix glaciale de le rejoindre dans son bureau.
- C'est quoi ce bordel commença-t-il en montrant le dossier qui était sur son bureau
- C'est votre présentation, Lewis, celle que vous devez faire devant...
- Vous vous foutez de moi ! Tonna-t-il en tapant du poing sur la table, ce torchon est entièrement consacré aux effets secondaires de la molécule de Floc !
- Vous devez le lire pour comprendre, Lewis. C'est...
- Taisez-vous ! Fit Lewis, hors de lui, incapable de se maîtriser. Il suffit de lire le sommaire "mécanisme d'action sur les articulations" Ce médicament soigne tout sauf les articulations ! Et ce chapitre "analyse des quantités contenues dans l'alimentation" C'est du délire ! Vous pensez qu'on en met dans la moutarde peut être ?
- Mais...
- Et ça 'conséquences neurologiques sur le long terme : les effets sont-ils permanents?' Nos médicaments rendent fous ? C'est ça ?
- Lewis, calmez-vous, et...
- Je me calme si je veux ! Hurla Lewis. Et vous, vous foutez le camp. Dehors ! Vous m'avez envoyé à l'autre bout de la terre pour me piéger, hein, c'est ça ? Pour me faire un coup pourri, parce que quoi ? Je n'ai jamais voulu coucher avec vous ? Ou je ne sais quelle raison idiote ? Vous avez trois minutes pour filer avant que j'appelle la sécurité.
Sandrine ne savait plus comment reprendre la situation en main. Ce n'était pas comme cela que les choses auraient du se passer. Lewis aurait du lire son document, et comprendre. Mais comment faire pour qu'il comprenne? Elle voulut ouvrir la bouche pour essayer de le raisonner mais déjà Lewis avait décroché le téléphone.
- Sécurité, disait-il, envoyez-moi deux hommes pour raccompagner Mlle Delpont à la porte.


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# Posté le mardi 06 octobre 2009 15:33

Modifié le mercredi 07 octobre 2009 16:09