QASBB29


Cardiff et Sandrine retournèrent s'asseoir, sans échanger un mot. Dans cette partie de poker menteur qu'avait engagé Sandrine, Cardiff avait reconnu que la police était la carte qui pouvait lui faire tout perdre. Car indépendamment des tords de la jeune femme, il ne valait mieux pas risquer d'amener sur la place publique des expériences médicales moralement indéfendables. Surtout sur des enfants.
- Vous reconnaissez nous avoir empoisonnés donc ! affirma Lewis triomphalement
- Vous avez été malade plusieurs fois, Lewis, répondit Sandrine, au cours de vos déplacements. Les informations que j'ai données aux médecins soit directement soit par le biais des interprètes les incitaient fortement à vous prescrire la molécule de Floc. C'est ainsi que vous en avez absorbé à de nombreuses reprises.
- Impossible, répliqua Lewis, je m'en serais aperçu !
- Bien sur que non, fit Cardiff, impatiemment. Vous n'avez pas la moindre idée du nom sous lequel cette molécule est commercialisée en chine ou au japon.
Et moi, vous avez fait comment ?
- Pour vous, je n'ai rien fait. Vous avez été malade, et on vous a soigné.
- J'ai été longuement traité l'année dernière. Effectivement
- Mais, fit Lewis, vous auriez reconnu le nom du médicament.
- Je connais très bien tous les médicaments et leurs effets secondaires, répondit Cardiff. C'est pourquoi mon médecin me soigne sans jamais me dire avec quoi. Il me donne une boite de pilule sans nom. Car si je sais ce que c'est, je n'en prends pas...
Lewis hésitait, refusant de comprendre, refusant d'accepter. Il n'avait pas été malade depuis des mois, il était revenu en pleine forme de ses vacances, ce que disait Sandrine n'avait pas de sens.
- Arrêtez de nous mentir, dit-il d'une voix lasse. Hier j'allais bien, aujourd'hui je suis dans un état lamentable. Que m'avez vous donné, et comment ?
- C'est la que ça deviens dramatique, répondit la jeune femme. L'effet le plus méconnu de la molécule de Floc est d'entraîner une hypersensibilité ... à la molécule de Floc. L'organisme semble développer une intolérance totale a cette molécule après un certain seuil d'absorption. Une fois ce stade atteint, une prise des plus minimes déclenchent les effets que vous avez ressenti cette nuit.



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# Posté le mercredi 21 octobre 2009 15:17

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 14:52

qasbb28


- Vous êtes venu chez nous pour faire votre justice, affirma Lewis méprisant, c'est cela, n'est ce pas, jouer les redresseurs de tort ?
Sandrine ignora l'interruption et continua
- C'est ainsi que j'ai répondu à l'annonce de Lewis, il y a trois ans. Pour savoir de quoi étaient fait les décideurs capables d'empoisonner des enfants. Et je n'ai pas été déçu : j'assistais dés mes premiers jours au conseil d'administration ou Lewis arrivait à convaincre tout le monde de commercialiser à grande échelle la molécule de Floc.
- Commercialisation à laquelle vous avez pris un rôle actif ! ironisa Lewis
Sandrine se tourna vers Arston Cardiff pour voir si ce dernier comprenait un peu mieux.
- Vous ne comprenez rien, dit-il, elle a tout fait pour réduire la portée de notre décision en nous faisant avaler qu'il valait mieux restreindre la diffusion du médicament aux personnes âgées !
- Exactement, continua Sandrine, je savais que je ne pourrais vous dissuader, alors j'ai essayé de limiter les dégâts
- Et vous m'avez empoisonné pour me faire payer ! coupa Lewis
A cet instant, avant que Sandrine ne puisse répondre, la porte s'ouvrit et la standardiste passa la tête.
- Deux messieurs de la police vous demandent, M. Cardiff.
Sans hésiter, Sandrine se leva et se dirigea vers la porte. Soudain affolé, le président de la PPU s'interposa
- Ou allez-vous? tonna-t-il
- Vous avez appelez la police pour m'arrêter, il me semble, fit Sandrine innocemment
- Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi, mademoiselle. Retournez vous asseoir. Quant a vous, continua-t-il à l'intention de la standardiste, présentez mes excuses à ces messieurs de la police.
- Bien Monsieur Cardiff, fit la jeune femme, stupéfaite, en refermant la porte.
- Mais, fit Lewis, désespéré, elle nous a empoisonnés ! vous, moi, ma famille...
- Pas votre famille Lewis, soupira Sandrine, pas votre famille, je vous l'ai déjà dit !


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# Posté le mardi 20 octobre 2009 14:58

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 15:21

qasbb27


Cardiff s'assit et regarda Lewis comme s'il venait de dire une monstrueuse idiotie.
- Elle nous em-poi-son-ne ! Articula-t-il. Vous comprenez ? Et forcément avec des doses qui dépassent toutes les limites d'utilisation normale de ces médicaments. Vous vous êtes vu aujourd'hui ? Il faut que vous en ayez avalé des quantités pour être dans cet état. Hier vous étiez en pleine forme, aujourd'hui vous tenez à peine debout !
- La nourriture ! C 'est avec la nourriture qu'elle m'empoisonne ! La nourriture qu'elle me fait livrer tous les soirs !
- Il a compris, soupira Cardiff en levant les yeux au ciel
- Et...ma femme...mes enfants... Mon dieu ! eux aussi
Atterré, épouvanté par ce qu'il pensait avoir compris, il se prit la tête dans la main en marmonnant des "mon dieu" entrecoupé de sanglots. Sandrine regarda un instant les deux hommes d'un air incrédule, comme s'il se comportait comme des enfants de deux ans. Sans élever la voix, elle prit la parole.
- Tout d'abord, Lewis, votre femme et vos enfants vont bien.
- Ça ne vous évitera pas la prison ! trancha Cardiff
- Mais taisez-vous ! S'écria Sandrine. La prison ! Vous n'avez que ce mot à la bouche. Alors laissez moi parler maintenant !
Surpris, les deux hommes restèrent silencieux et Sandrine en profita pour continuer.
- J'étais au Nigeria en 1997, à Kano, un an après vos essais illégaux sur des enfants. Des gosses handicapés à vie, les articulations rongés par votre saloperie, qui ne pouvait faire un mouvement sans hurler de douleur. Des gosses à jamais infirmes. Certains n'avaient même pas 2 ans! . Des centaines de vies foutues. Et je ne vous parle pas des dégâts neurologiques... Ni des morts!
Les deux hommes se regardèrent gênés. En 1996, profitant d'une épidémie de méningites, la PPU avait soigné des enfants nigérians avec la molécule de Floch, afin d'en tester les effets secondaires en conditions réelles.
- Quand je suis revenu, j'ai pensé que c'était un cas isolé, une erreur malencontreuse. J'étais jeune alors, et naïve. Mais je me suis vite aperçu que le Nigeria n'était pas un cas isolé. Des militaires qui, au retour de missions, se plaignaient de douleurs articulaires aiguës, de rupture de tendons, de crises d'angoisses et autres troubles neurologiques, des sportifs dont la carrière s'arrêtait brutalement suite à des tendinites récidivantes qui ne pouvaient être soignées. J'avais l'impression que les expérimentations ne s'arrêtaient jamais.
Elle laissa passer un silence que les deux hommes n'osèrent pas interrompre.
- Les populations défavorisées, les militaires et les sportifs... Des cobayes tout trouvés n'est ce pas ?




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# Posté le lundi 19 octobre 2009 15:35

Modifié le mardi 20 octobre 2009 14:59

QASBB26


- Enervé ! Tonna-t-il, on le serait à moins. Je suis sorti de mon bureau a dix heures moins cinq pour venir ici et en chemin j'ai oublié ou j'allais. Vous m'entendez ? Ou-bli-é !
- Ça peut arriver fit Lewis qui ne comprenait ni la colère de son patron ni ce qu'il faisait là.
- Vous n'avez rien compris, vous ! Vous n'avez pas lu le dossier recherche et développement de cette petite salope ?
- C'est un torchon ! Répondit Lewis. Ça ne parle que de la molécule de Floc. Quel rapport ?
- Le rapport ? Tout est dans le dossier. Cette garce nous a empoisonnés. Tendinites, douleurs articulaires, trous de mémoires, difficulté d'élocution, fatigue...
- Acouphènes, fasciculations, continua Sandrine, sensations de froid aux pieds et aux mains, bouches et yeux secs, troubles cardiaques, troubles du sommeil...
- Ça vous amuse, hein ? Coupa Cardiff, vous nous avez empoisonnés et ça vous amuse ! Mais vous rirez moins quand la police sera là !
- Vous avez appelez la police ? demanda Sandrine, atterrée
Cardiff la regardait de haut, un peu essoufflé par sa crise de colère mais satisfait de son effet.
- Ça n'a pas l'air de vous plaire, fit-il, narquois.
- Ce n'était pas dans mes intentions que les choses aillent si loin !
- Quand on joue à l'empoisonneuse, il faut être prête à en supporter les conséquences.
Lewis regardait la discussion entre son assistante et son patron sans intervenir. Mais malgré sa fatigue, il se rendait compte qu'il y avait une contradiction dans ce que disait Cardiff. Sandrine elle, ne disait plus rien. Elle réfléchissait, comme si la venue de la police était un imprévu qu'elle hésitait à retourner à son avantage. Il laissa passer un court silence avant d'intervenir
- Patron, dit-il, si vous pensez qu'elle nous a fait prendre la molécule de Floc à notre insu, ce serait gênant de dire que nous avons été empoisonnés. Surtout si ce ne sont que les effets secondaires que nous ressentons.



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# Posté le jeudi 15 octobre 2009 15:27

Modifié le lundi 19 octobre 2009 15:38

QASBB25


A 10h passé de quelques minutes, les portes de l'ascenseur du 50éme étage de la majestueuse tour de la PPU s'ouvrirent pour laisser passer Sandrine. Les cheveux encore plus frisés que d'habitude, le maquillage cachant mal les cernes laissés par le manque de sommeil, c'est dans une tenue décontracté qu'elle avait choisit de livrer son dernier combat.
- Merci de ton aide dit-elle en passant devant la réceptionniste
- Tu n'auras pas été virée longtemps. Il m'a dit de te donner cela dés ton arrivée. Ton nouveau contrat de travail.
Elle lui tendit une enveloppe que Sandrine ne prit même pas la peine d'ouvrir. Puis la jeune standardiste pouffa de rire et ajouta
- Il t'attend dans son bureau. A voir sa tête et la tienne, il est clair que la séparation ne vous réussit pas...
- Ne te fais pas des idées, Lise. Tu as vu le grand patron ?
- Il ne sait pas s'il pourra venir.
- Il viendra affirma Sandrine avec assurance
Quand elle rentra dans le bureau de Lewis, celui-ci était assis à son bureau, fixant son écran, le regard vide. Avec son teint pâle, ses yeux cernés et ses épaules basses, on avait du mal à reconnaître l'homme qui, seulement 24 heures auparavant était revenu de vacances, fringant, dynamique et sur de lui.
- J'étais un peu énervé hier, dit-il en introduction, d'un ton fatigué. Je suis désolé.
- Vous avez l'air d'être sortie de votre tombe attaqua la jeune femme
- Vous n'avez pas idée répondit-il. Ou plutôt, si. Vous savez. Vous savez depuis le début.
- Depuis le début, oui. Reconnu Sandrine
- Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
- Je n'en ai pas vraiment eu le temps
- J'étais un peu énervé hier, se répéta-t-il,
Soudain Aston Cardiff entra dans la pièce en trombe, fou de rage.



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# Posté le mercredi 14 octobre 2009 15:29

Modifié le jeudi 15 octobre 2009 15:28