Time out

D'habitude, je laisse passer quelques mois entre le moment où je finis d'écrire une histoire et le moment ou je vous la raconte. Mais une fois n'est pas coutume, celle-ci je viens de la finir. On va dire que pour l'écrire, je suis retourné six mois en arrière, qu'alors j'ai pris ma plume et que maintenant l'histoire est prête.
On peut le dire car on va parler de voyage dans le temps : dés qu'on écrit des histoires bizarres, fantastiques ou de fiction, on est obligé d'aborder ce sujet. Pourtant, on en a lu des histoires sur ce thème éculé!
Il y a les histoires simples où le héros va dans le passé, épouse sa mère et deviens son père par la même occasion. Etant lui-même son propre fils, ses enfants sont ses frères et s½urs, et ses frères et s½urs sont aussi les oncles et tantes de ses enfants, et donc de lui-même. Et je ne vous parle pas des relations qu'il a avec sa mère. Ce n'est rien de le dire !
Et puis il y a les histoires plus compliquées où un méchant du futur viens dans notre présent, qui est son passé, pour changer le sien de présent, qui est notre futur. Dans certaines variantes évoluées, le héros va dans le futur, dans le passé du méchant, pour empêcher l'invention de la machine à voyager dans le temps. Ainsi, toute l'histoire n'a plus lieu d'être, ce qui sans doute aurait été plus facile pour le lecteur a court d'aspirine.
Toutes ces histoires autour d'un concept impossible! Car on ne peut pas voyager dans le temps, on ne pourra jamais, et tous les paradoxes du voyageur temporel ne relèvent que du divertissement cérébral.
Et si ces histoires relèvent du rêve, de l'irréel et de l'impossible, il n'y a qu'une seule personne qui puisse espérer relever ce défi et affronter l'inimaginable en gardant la tête froide. C'est pour cela que cette histoire s'appelle :


Sale temps pour Sid

Et croyez mieux, il aurait mieux valu qu'il pleuve
Time out

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 16:07

debrief

Heureusement, me direz vous, ce n'est qu'une histoire. Aucun médicament avec de tels effets secondaires ne serait mis sur le marché ! Et puis même si un tel médicament existait, même si quelqu'un osait en vendre, il paraît inimaginable qu'on en retrouve dans l'alimentation. Ou qu'on fasse des essais de médicaments sur des petits nigérians. Voire qu'on en donne à des postiers à titre préventif...

Hélas, ce n'est qu'une histoire. Dans la réalité, il n'y a pas que des petits nigérians et des postiers qui finissent fous ou dans des chaises roulantes. Et si l'histoire décrit surtout les effets neurologiques et cardiaques, c'est qu'ils sont moins visibles et moins compris par les victimes que les effets tels que ruptures de tendons ou arthrose. Allez faire le lien entre une tranche de saumon et le c½ur qui bat trop fort, entre une crise d'angoisse et un blanc de poulet, des trous de mémoire et du gigot...

La bonne nouvelle, c'est qu'on ne donne pas aux animaux les médicaments qu'on nous prescrit. Ouf. Non, on leur donne les variantes qui sont interdites pour les humains, tellement elles sont dangereuses. Et c'est cela qu'on retrouve dans nos assiettes. Dans quelles proportions ? Mystères et boules de gommes, je n'ai pas trouvé d'études sur le sujet, juste des rumeurs. Certains disent que certains aliments contiendraient dans 100Gr l'équivalent d'un demi-comprimé... Il ne vaut mieux pas que cela se sache, si vous voulez mon avis. Bon, c'était pas une bonne nouvelle finalement. Et puis, au fait, comment sait-on que ces variantes sont dangereuses pour l'être humain ?

Les études sur les effets secondaires ? J'en ai trouvé deux ou trois sur le site pubmed. Soyez rassuré, ces études ne sont faites que sur des rats. Comme ce sont les labos qui financent les recherches, nous pouvons être tranquilles pour l'avenir de ces braves bêtes : ils ne seront pas trop sollicités par un sujet qui risque de priver l'industrie pharmaceutique d'une abondante source de profit.
Bien sur, tout le monde n'a pas la même sensibilité a ces médicaments. Certains en prennent de fortes doses sans problèmes, pour d'autres un comprimé suffit pour ce trouver en chaise roulante. Et vous ? Combien de blancs de poulets et de tranches de saumons avant d'avoir des tendinites ? Ou pire...
Et ça se soigne, les effets secondaires? a part le magnésium il n'y a rien a faire...

Hélas, hélas, il n'y a pas beaucoup de Sandrine dans la vie réelle. Ça ne servirait pas a grand chose de toute façon car même lorsqu'une personnalité se fait avoir, et bien c'est tant pis pour elle, et rien ne change.
Il faut bien se soigner me direz vous. Certes, mais sauf dans des cas relevant de la dernière onction, il y a nombres d'alternatives moins risquées pour le patient.

Finissons ce sujet par un petit exercice. Dans la liste des effets secondaires de l'histoire, quels sont ceux qui sont dans cette liste ? Et dans celle ci ? Et si vous avez du courage, lisez donc cela...Il y en a-t-il qui ne sont dans aucune des listes ?

Remarquez, il ne faut pas voir que le négatif : c'est la troisième histoire que le sujet m'inspire. Les deux autres ? Exil bien sur et puis Pure patate évidemment.




# Posté le mercredi 28 octobre 2009 16:12

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 16:48

Qasbb32


- Justement, répondit Arston...En attendant, fichez le camp, je vous ai assez vu pour aujourd'hui !
Lewis se leva de sa chaise péniblement, avec une grimace de douleur. Il hésita un instant, comme s'il n'osait parler. Et puis il se décida :
- Sandrine, demanda-t-il, le chocolat...Vous m'avez recommandé de prendre du chocolat cette nuit.
- Le chocolat contient du magnésium, et c'est à peu prêt la seule chose qui vous fera du bien. Mais prenez plutôt des comprimés, ce sera plus efficace que du chocolat.
Sans plus dire un mot, il mit sa veste et se dirigea vers la porte, les épaules basses, la tête penchée en avant. Puis arrivé sur le pas de la porte il se retourna.
- Dites-moi, demanda-t-il à Sandrine, le chocolat, cette nuit. Pourquoi ?
- Foutez le camp ; idiot, hurla Arston, elle vient de vous le dire
- Ce n'est pas de sa faute fit Sandrine, un brin de pitié dans la voix.
- Tout est de sa faute, Tout !
Une fois Lewis, sortit, il retrouva son calme et se tourna vers Sandrine, admiratif.
- Vous êtes...vous êtes diabolique
- Je suppose que je dois prendre cela comme un compliment, dit-elle
- Vous allez reprendre le plan de recherche a 5 ans ordonna-t-il, on ne peut pas le laisser tel que. Vous y mettrez un tiers sur le cancer, un tiers sur la thérapie génique et tout le reste sur la molécule de Floc et...Mais que faites-vous ?
Sandrine c'était levé, et prenant sa veste se dirigeait vers la porte.
- Lewis m'a mise à la porte hier. Je ne travaille plus pour vous, et je n'en ai plus envie. J'ai eu ce que je voulais.
Une fois de plus, le directeur de la PPU rentra dans une colère noire
- Quoi ! Tonna-t-il, vous venez ici, dans mon entreprise, vous mettez à genoux un de mes plus brillants adjoints, à cause de vous je perds en un mois mon directeur des ventes et mon directeur de la recherche, vous obtenez un tiers du plan de recherche et... et.. Vous partez ! Vous savez ce que c'est un tiers du plan de recherche ? C'est des milliards de dollars ! des milliards !
- Vous voulez juste une petite main pour ré-écrire votre plan de recherche. Après ce que j'ai fait vous n'aurez plus jamais confiance en moi.
- Mais au contraire, au contraire, expliqua Cardiff, soudain calmé. Maintenant que je sais ce que vous voulez, quelles sont vos valeurs, ce qui vous fait avancer, vous ne pourrez plus jamais rien me cacher. Restez, vous avez la place de Lewis.
Sandrine hésitait. Ce n'était pas vraiment son idée. Elle pensait plutôt s'arrêter de travailler quelques années, faire ces 2 enfants dont elle rêvait tant.
- Nous allons avoir des procès à cause de la molécule de Floc, plaida Arston qui avait compris le dilemme de la jeune femme. Il va me falloir toute l'aide possible, des gens compétents, des gens qui connaissent le sujet. Vous ne voulez pas la perte de la PPU, n'est ce pas, car sans la PPU, vos recherches n'auront pas lieu ! Restez au moins deux ans, vous ferez vos enfants après.
Elle resta quelques minutes a moitié dans le couloir, a moitié dans le bureau, ne sachant trop quelle décision prendre. Et puis, elle repoussa la porte en soupirant. Ses enfants devraient attendre encore un peu. Elle alla s'asseoir à la place de Lewis.
- J'y ai déja réfléchis, en cas de procès, dit-elle, nous devrons rejeter la faute sur l'industrie agroalimentaire. Après tout, ils ont aussi leur part de responsabilité.


Fin

# Posté le mardi 27 octobre 2009 16:02

qasbb31



La PPU était en conflit ouvert avec la poste. Quelques années auparavant, un groupe terroriste avait réussi à se procurer une petite quantité d'anthrax. Une dizaine de lettres empoisonnées avait été envoyée à des hommes politiques bien en vu. Pour protéger les postiers, en première ligne si les terroristes démultipliais leurs envois, ceux ci avaient été traités à titre préventif pendant plusieurs semaines avec la molécule de Floc et nombre d'entre eux souffraient encore de graves problèmes physiques ou neurologiques. Suite à cet épisode, les syndicats de postier avaient assigné en justice la PPU pour réclamer des dommages et intérêts. Dans ce contexte, permettre à une personne qui avait un lien de parenté avec un postier, de travailler à la PPU, revenait à faire rentrer le loup dans la bergerie.
- Si j'étais médecin, rajouta Sandrine, j'en saurais beaucoup moins, puisque qu'il n'y a aucune publications ni recherches sur le sujet. Vous les maintenez sciemment dans l'ignorance. Maintenant, si vous voulez en savoir plus, si vous voulez être rassuré sur votre avenir et peut-être un jour manger à nouveau de la viande, votre seul espoir est d'accepter mon plan de recherche.
- Nous y voilà ! Fit Lewis, c'était votre idée depuis le début ! Me rendre malade pour que je supporte vos projets de recherches ! Mais si vous croyez qu'on va céder à votre chantage !
- Taisez-vous espèce d'idiot ! , Coupa le directeur de la PPU il n'y a pas de chantage. Il n'y a que notre santé ! Et c'est à cause de vous tout cela ! C'est vous qui nous avez fait commercialiser cette saloperie à grande échelle et c'est vous qui avez embauché une fille de postier ! Foutez le camp, vous êtes viré !
- Mais...
- Arston, intervint Sandrine, après les articles de presse consécutifs au malaise de Lewis le mois dernier, un renvoi serait une erreur. Vous n'avez qu'à le mettre à la pharmacovigilance
- Mais, fit Lewis atterré, c'est la qu'on met les imbéciles et les incompétents



La suite
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# Posté le lundi 26 octobre 2009 16:26

Modifié le mardi 27 octobre 2009 16:04

qasbb30


Sandrine expliqua devant les deux hommes incrédules que la molécule de Floc était omniprésente dans l'alimentation. La plupart des animaux d'élevages se voyaient traités, parfois à fortes doses, avec la dangereuse molécule, doses qui se retrouvaient en partie dans l'assiette du consommateur. A travers la viande bien sur, mais aussi a travers les ½ufs et les graisses animales utilisés dans nombres de préparations. Si les quantités qui se trouvaient dans les produits dérivés des protéines et graisses animales étaient infimes, les victimes de la molécule de Floc ne pouvaient plus par contre se nourrir de viandes ou de poissons d'élevages sans en subir les effets secondaires. Et comme l'organisme mettait un temps assez long pour éliminer cette molécule, ces effets duraient des semaines, voire des mois.
- Vous allez me faire croire que c'est le poulet et le saumon que j'ai mangé hier qui m'ont mis dans cet état, grinça Lewis. Vous vous foutez de moi!
Sans se démonter, elle se tourna vers le directeur de la PPU
- Aston dit-elle en l'appelant naturellement par son prénom, vous allez beaucoup mieux qu'il y a un mois. Vous ne vous plaignez plus de vos douleurs, vous avez bonne mine, vous avez de l'énergie. Je parierais que vous n'avez mangé ni viandes ni poissons depuis 15 jours au moins.
- Mon médecin, répondit-il, doucement, pesant chacun de ses mots comme s'il se parlait à lui-même, m'a recommandé de ne plus manger de b½uf car les acides gras favorisent les tendinites. Alors...alors je suis allé au bout de la logique et j'ai arrêté toutes protéines animales...depuis...15 jours.
Soudain, il se leva furieux en poussant une série de jurons. Il arpenta la pièce plusieurs fois puis revint vers le bureau, hors de lui.
- Et pourtant, cria-t-il, j'ai toujours des trous de mémoire ! Vous dites que c'est à cause de la molécule de Floc, je n'en prends plus depuis 15 jours et j'ai toujours des trous de mémoire ! Et... et aussi... Mais ça ne vous regarde pas ! Expliquez-vous !
- C'est que, répondit Sandrine, il n'est pas certain que certains dommages ne soient pas permanents. Voire évolutifs...
Un lourd silence suivit ces paroles, alors que les deux hommes essayaient d'assimiler toute l'étendue de ce que cela sous-entendait.
- Mais d'abord, demanda Lewis, comment savez- vous autant de chose sur ce sujet. Vous n'êtes pas médecin après tout.
- Mon père est postier, répondit simplement la jeune femme
- Quoi ! Hurla Cardiff, rouge de colère, à l'intention de Lewis, vous avez confié un poste de responsabilité à une fille de postier ! Mais vous êtes fou !


A suivre
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# Posté le jeudi 22 octobre 2009 14:47

Modifié le lundi 26 octobre 2009 16:30