stps7


La tablée éclata de rire. Sid regarda son collègue, surprit par la pertinence de cette remarque. Hors du temps, c'était exactement ce qu'il ressentait. Il secoua la tête pour chasser cette idée bizarre et se mit à rire avec les autres.
- C'est Skirty, répondit-il, elle m'a prit un peu de temps pour un drôle de problème théorique
- Se faire prendre par Skirty, fit un autre collègue, voilà qui doit être agréable
- Sid, fit un autre, avec Skirty, il vaut mieux faire de la pratique
- L'un mène à l'autre, répondit Sid
Le repas continua dans cette ambiance bonne enfant sans pourtant que Sid ne puisse se détacher des mystérieuses équations et de leur sens caché. Soudain, se rappelant l'une des solutions des équations de la jeune fille, il demanda :
- La date du 10 août 1955, ça vous dit quelque chose ?
Aussitôt, le silence se fit autour du lui. Puis les uns et les autres se levèrent, le visage fermé, quittant la table précipitamment. Sid rattrapa de justesse un de ses collègues
- Je ne comprends pas, dit-il, je suis désolé si je vous ai...
- Personne ne parle de cette date Sid ! La moitié de la ville a été rasée...Des millions de mort et...
Sa voix se brisa sous l'émotion et il quitta Sid, précipitamment. Plus d'un siècle c'était écoulé et sans que Sid ne sache pourquoi, cette date portait en elle un lourd mystère. Mais cela ne l'aidait en rien à percer l'énigme que lui posait le travail de Skirty. Comme l'heure de ses cours approchait, il sortit de la cantine.
C'est distraitement qu'il fit ses cours, cette après midi la. Vers 16h, il réalisa qu'il faisait fausse route. Il ne fallait pas essayer de comprendre pourquoi les équations de la jeune fille étaient fausses, mais plutôt pourquoi elles étaient en accord avec cette certitude qu'il est impossible de changer le passé. Et d'un seul coup, tout se mit en place. L'évidente et affreuse logique qui se cachait derrière les solutions des équations de son étudiante lui sauta aux yeux. Comme un fou, il se rua hors de sa salle de classe.
- Skirty, demanda-t-il, paniqué, aux étudiants qui traînaient dans les couloirs, vous avez vu Skirty ? Dites moi où elle est ! vite !


a suivre -> Lundi
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 15:23

stps7




- Cette équation n'a pas de solution ! Donc tu peux voyager dans le temps, à condition d'arriver à des dates qui n'existent pas ! Tu ne démontres rien, et tu vas continuer à m'appeler M. Carlson.
- Disons que cette équation n'a pas de solutions évidentes. L'algorithme qui permet de trouver des solutions est certes assez compliqué. J'en ai pourtant identifié une dizaine et il y en a certainement plus. Regardez.
Skirty écrivit plusieurs dates sur le tableau et vérifia pour chacune que ses équations fonctionnaient. Les dates n'avaient aucun rapport entre elle. La plus proche était le 10 août 1955, la plus éloignée remontait à plusieurs dizaines de millions d'année. Sid regardait songeur, essayant de comprendre, alors que la jeune fille avait pris ses affaires et s'apprêtait à quitter la salle.
- Skirty, ne t'avise pas de tester tes équations. Le fait qu'on ne puisse voyager qu'a certaines dates cache une réalité physique qu'il faut absolument comprendre. Pas d'expérience, OK ?
La jeune fille se retourna, insolente
- Pas de nouvelles expériences ? Même avec vous, Sid ?

Sid leva les yeux au ciel, se demandant pourquoi il ne l'invitait pas à dîner. Il sortit de la salle de classe, la tête pleine de ces équations. Elles étaient d'autant plus surprenantes que le voyage dans le temps était impossible. Enfin, en théorie, dans la pratique, une intuition malsaine lui soufflait que le passé n'était pas si inaccessible que cela. Et pour le moment, c'était surtout cette impression qu'il n'y avait pas de futur qui le dérangeait.
Sans savoir comment, il se retrouva à la cantine, son plateau dans les mains. Quelques instants plus tard, il s'asseyait avec ses collègues et commençait à découper dans son assiette un étrange légume, à la fois saignant et verdâtre.
- Alors Sid, toujours un pied hors du temps, fit un collègue devant son air rêveur


La suite
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 15:21

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 15:25

stps6


- C'est une excellente raison, fit-il, C'est une démonstration basée sur du concret, sur ce que nous renvoie la réalité. Une démonstration par l'exemple. Car nul doute que si le voyage dans le temps était possible, nous verrions des gens du futur nous visiter. Oui Skirty ?
- Cela ne veut pas dire que c'est impossible. Cela veut dire qu'il ne sera jamais découvert.
En temps ordinaire, Sid n'aurait pas hésité à inviter la jeune fille à venir en discuter avec lui le soir après les cours à la terrasse d'un café. Mais quelque chose l'en empêchait, une sourde appréhension, étrange et incompréhensible, un peu comme si 'après les cours' n'arriverait jamais.
- Tu as l'air de penser qu'il est possible de voyager dans le temps, Skirty, dit-il après une hésitation. Tu sais pourtant que cela entraînerait des paradoxes inacceptables.
Skirty prit ce commentaire pour une invitation. Rejetant ses longs cheveux blonds en arrière, elle se leva, prit la craie et se mit à écrire une série d'équations au tableau. Alors que la cloche sonnait et que les autres étudiantes se précipitaient hors de la salle, la jeune fille, emportée par son enthousiasme terminait sa démonstration. Puis elle se retourna vers Sid, un sourire triomphant sur le visage.
- Alors M. Carlson, dit-elle, qu'en pensez-vous ? Toujours convaincu qu'on ne peut pas voyager dans le temps ?
-S'il n'y pas d'erreurs dans tes équations, grommela-t-il, je veux bien que tu m'appelles Sid !
Mais Sid parcouru les équations sans trouver la moindre faille. Il y avait quand même quelque chose de surprenant.
- La, dit-il, montrant la dernière ligne. Cette équation donne les dates auxquelles tu peux aller dans le passé
- C'est cela, répondit Skirty, hésitant encore à appeler son professeur par son prénom


La suite
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 17 novembre 2009 16:07

Modifié le mercredi 18 novembre 2009 15:23

stps6



Sid Carlson regardait ses élèves rentrer dans la classe avec intérêt. Que des filles superbes qui se destinaient à devenir astronautes ! Elles avaient beau porter toutes la même tenue réglementaire, faite d'un chemisier blanc et d'une jupe plissée, elles arrivaient à donner l'impression d'être toutes vêtues de manières différentes. Manches retroussées chez l'une, 3 boutons défaits chez une autre, la jupe portée plus ou moins hautes, Sid ne se lassait pas d'admirer l'instinct créatif de ses élèves Retenant un sourire il écrivit la date au tableau : 14 Octobre 2070. Une étrange sensation de déjà vu s'empara de lui. Sans y prêter plus d'attention, il se lança dans son cours, consacré aujourd'hui a la relativité du temps et au principe de cause a effet. Après avoir remplit le tableau noir pendant plus de deux heures, et avant de passer aux exercices, il demanda à ses élèves si elles avaient des questions ou besoin d'explications complémentaires.
Aussitôt, une main se leva. C'était Skirty Emit, une des plus douées et une des plus belles filles de la classe.
- M. Carlson, fit-elle, est ce vrai que vous voyagez dans le temps ?
- Le voyage dans le temps est impossible, Skirty. Sauriez vous me dire pourquoi ?
A sa grande surprise, la jeune fille qui était habituellement d'humeur coopérative se renfrogna et baissa la tête vers ses notes, visiblement furieuse. Une élève prit la parole sans y être invitée :
- On pourrait trouver une raison théorique, Monsieur Carlson, dit-elle, mais la théorie, on lui fait dire ce qu'on veut.
- Alors ? répliqua Sid
- Alors, si le voyage dans le temps était possible, on aurait forcément des traces de passages de touristes temporelles. Des dinosaures tués par balles, des boites de coca dans les vestiges de Pompéi, des appareils photos dans les cryptes du moyen age.
La classe éclata de rire, mais Sid les fit taire d'un geste.


La suite

# Posté le lundi 16 novembre 2009 15:10

Modifié le mardi 17 novembre 2009 16:12

stps5


Catapulté dans un vortex d'étincelles tourbillonnantes, Pete savourait sa victoire. Le champ électrique qui l'entourait lui chatouillait agréablement la peau. Sa machine marchait et, quoi qu'en dise le professeur Carlson, il n'y avait pas de défaut dans ses équations. Mais ces enseignants étaient tous des froussards conservateurs, effrayés par la moindre nouveauté. C'était un peu décevant de la part du professeur Carlson, dont la réputation de héros de l'espace faisait la fierté de l'école. Que disait-il alors qu'il se précipitait dans le labo ? L'espace ! C'était risible : il s'agissait de voyage dans le temps, pas dans l'espace.
Pete sentit que son voyage arrivait à sa fin. Il avait prévu de revenir 6 mois en arrière, juste pour tester sa machine. Les étincelles cessèrent de tourbillonner, il était arrivé. Mais au lieu de se retrouver dans le labo de physique de l'école, il se retrouva dans le vide absolu de l'espace. En un éclair, il réalisa deux choses quasi simultanément: d'abord qu'il était mort et ensuite que ces équations étaient parfaites. Il venait de se matérialiser au milieu du vide, en un point bien précis du système solaire. Il avait fait un saut de six mois dans le temps mais n'avait pas bougé dans l'espace. Et six mois auparavant, il n'y avait rien à cet endroit : la terre dans sa course folle autour du soleil était à des milliers de kilomètres de la.
Le soleil brillait au loin, les étoiles scintillaient, étincelantes, dans toutes les directions. Frénétiquement il appuya sur les boutons de sa machine pour revenir à son point de départ, mais le vide et le froid glacial avait, en un clin d'½il, détruit les délicats composants de son appareil. En quelques secondes, ses tympans éclatèrent, son sang se mit à bouillir. Il eu tout juste le temps de se dire que son voyage dans le temps avait peu de chance de remettre en question le principe de causalité avant de mourir.
A six mois et quelques dizaines de millier de kilomètres de la, Sid c'était assis par terre, effondré, sachant très bien vers quelle fin horrible c'était précipité son élève. Il resta prostré quelques minutes la tête entre les jambes. Puis, comme un automate, il se leva et se dirigea vers un casier qui portait son nom.


La suite
stps5

# Posté le lundi 09 novembre 2009 15:46

Modifié le lundi 16 novembre 2009 15:13