Catapulté dans un vortex d'étincelles tourbillonnantes, Pete savourait sa victoire. Le champ électrique qui l'entourait lui chatouillait agréablement la peau. Sa machine marchait et, quoi qu'en dise le professeur Carlson, il n'y avait pas de défaut dans ses équations. Mais ces enseignants étaient tous des froussards conservateurs, effrayés par la moindre nouveauté. C'était un peu décevant de la part du professeur Carlson, dont la réputation de héros de l'espace faisait la fierté de l'école. Que disait-il alors qu'il se précipitait dans le labo ? L'espace ! C'était risible : il s'agissait de voyage dans le temps, pas dans l'espace.
Pete sentit que son voyage arrivait à sa fin. Il avait prévu de revenir 6 mois en arrière, juste pour tester sa machine. Les étincelles cessèrent de tourbillonner, il était arrivé. Mais au lieu de se retrouver dans le labo de physique de l'école, il se retrouva dans le vide absolu de l'espace. En un éclair, il réalisa deux choses quasi simultanément: d'abord qu'il était mort et ensuite que ces équations étaient parfaites. Il venait de se matérialiser au milieu du vide, en un point bien précis du système solaire. Il avait fait un saut de six mois dans le temps mais n'avait pas bougé dans l'espace. Et six mois auparavant, il n'y avait rien à cet endroit : la terre dans sa course folle autour du soleil était à des milliers de kilomètres de la.
Le soleil brillait au loin, les étoiles scintillaient, étincelantes, dans toutes les directions. Frénétiquement il appuya sur les boutons de sa machine pour revenir à son point de départ, mais le vide et le froid glacial avait, en un clin d'½il, détruit les délicats composants de son appareil. En quelques secondes, ses tympans éclatèrent, son sang se mit à bouillir. Il eu tout juste le temps de se dire que son voyage dans le temps avait peu de chance de remettre en question le principe de causalité avant de mourir.
A six mois et quelques dizaines de millier de kilomètres de la, Sid c'était assis par terre, effondré, sachant très bien vers quelle fin horrible c'était précipité son élève. Il resta prostré quelques minutes la tête entre les jambes. Puis, comme un automate, il se leva et se dirigea vers un casier qui portait son nom.
La suite? Lundi prochain!! dur, dur...

